A Randomized Controlled Trial of a Post-ICU Telehealth Care Model (WFIT)
Le suivi à distance après réanimation n’apporte pas de bénéfice
Cet essai randomisé monocentrique a proposé à 400 patients sortant de réanimation pour un sepsis ou une insuffisance respiratoire aiguë un suivi à distance assuré par un professionnel formé à la convalescence après réanimation, avec des consultations programmées à une et deux semaines puis à la demande pendant six mois. Les dépenses de santé liées aux passages aux urgences et aux hospitalisations n’ont pas différé nettement entre les deux groupes. Réhospitalisations, mortalité, qualité de vie et satisfaction étaient comparables.
Question clinique
Chez l’adulte sortant de réanimation après un sepsis ou une insuffisance respiratoire aiguë, un suivi organisé à distance améliore-t-il le rapport entre coût et résultat par rapport aux soins habituels ?
Méthode
Essai randomisé monocentrique portant sur 400 patients de réanimation ayant présenté un sepsis, une insuffisance respiratoire aiguë ou les deux. Étaient exclus ceux qui comptaient plus de deux hospitalisations dans l’année écoulée, ainsi que ceux admis depuis ou orientés vers une unité de soins palliatifs, une structure de soins infirmiers ou un établissement de soins aigus de longue durée. Le groupe intervention bénéficiait de consultations à distance programmées une semaine puis deux semaines après la sortie de réanimation, puis à la demande pendant six mois, avec un professionnel formé à la convalescence après réanimation ; le groupe témoin recevait une attention équivalente sans suivi structuré. Le critère de jugement principal était le rapport entre coût et efficacité de l’intervention.
Résultats clés
- Dépenses de santé liées aux passages aux urgences et aux hospitalisations : en moyenne 7 801,10 dollars (écart-type 15 461,03) dans le groupe témoin contre 8 086,50 dollars (écart-type 17 464,87) dans le groupe suivi à distance.
- Bénéfice net différentiel calculé : 1 958,29 dollars, dans un intervalle allant de −5 779,56 à 9 696,14 dollars.
- Les passages aux urgences au sein du même système de soins étaient identiques dans les deux groupes ; en revanche, les passages déclarés par les patients dans d’autres établissements étaient plus nombreux dans le groupe suivi à distance : 2,43 pour 100 patients et par mois contre 0,97 (p = 0,03).
- Réhospitalisations, mortalité, scores de qualité de vie et satisfaction globale étaient comparables entre les deux groupes.
Limites
- Essai monocentrique de 400 patients : la portée du résultat est limitée.
- Le critère de jugement principal est économique ; les critères cliniques étaient secondaires et l’essai n’était pas dimensionné pour les trancher.
- L’intervalle autour du bénéfice net est très large et reste compatible avec une perte comme avec un gain appréciable.
- Les passages aux urgences hors du système de soins étaient déclarés par les patients eux-mêmes, une mesure fragile.
- Les patients les plus lourds, orientés vers une structure de soins de suite ou de longue durée, étaient exclus alors qu’ils comptent parmi les plus exposés aux difficultés d’après-réanimation.