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Anesthésie locorégionale & douleur · Recommandations

Commonly used interventional procedures for non-cancer chronic spine pain: a clinical practice guideline

Les infiltrations rachidiennes sont déconseillées dans la douleur chronique

BMJ · 19 février 2025 · recommandations de pratique clinique, méthode GRADE

Un panel international a évalué les gestes interventionnels couramment proposés dans la douleur rachidienne chronique évoluant depuis au moins trois mois, en dehors des causes cancéreuses et des rhumatismes inflammatoires. Pour la douleur axiale comme pour la douleur radiculaire, il émet des recommandations fortes contre tous les gestes examinés : radiofréquence articulaire ou du ganglion spinal, infiltrations épidurales, infiltrations articulaires et injections intramusculaires paravertébrales d'anesthésique local, de corticoïde ou de leur association. Ces conclusions ne concernent pas la douleur rachidienne aiguë.

En pratiquedevant une douleur rachidienne chronique non cancéreuse et non inflammatoire, ces recommandations conduisent à ne plus proposer par principe une infiltration ou une radiofréquence, et à réorienter la discussion vers les prises en charge non interventionnelles. Le message vaut aussi bien pour la douleur axiale que pour la douleur radiculaire, et pour l'ensemble des cibles anatomiques testées. Les patients déjà engagés dans un parcours interventionnel méritent une information claire sur le faible niveau de preuve qui le soutient, la douleur aiguë restant hors du champ de ce texte.

Question clinique

Quelle est l'efficacité comparée et la sécurité des gestes interventionnels courants — infiltrations rachidiennes, procédures d'ablation — dans la douleur rachidienne chronique, axiale ou radiculaire, non liée à un cancer ni à un rhumatisme inflammatoire ? Les recommandations existantes divergeaient sur leur place.

Méthode

Panel international réunissant quatre personnes vivant avec une douleur rachidienne chronique, dix cliniciens expérimentés dans sa prise en charge et huit méthodologistes, travaillant selon la méthode GRADE et les standards des recommandations dignes de confiance, avec un appui méthodologique extérieur. Les recommandations ont été formulées en adoptant la perspective du patient pris individuellement. Elles s'appuient sur une revue systématique avec méta-analyse en réseau des essais randomisés et sur une revue systématique des études observationnelles, portant sur les bénéfices et les risques de ces gestes.

Résultats clés

  • Douleur rachidienne axiale évoluant depuis au moins trois mois — recommandations fortes contre : la radiofréquence articulaire, associée ou non à une infiltration articulaire d'anesthésique local et de corticoïde ; l'infiltration épidurale d'anesthésique local, de corticoïde ou des deux ; l'infiltration articulaire d'anesthésique local, de corticoïde ou des deux ; l'injection intramusculaire d'anesthésique local, avec ou sans corticoïde.
  • Douleur radiculaire évoluant depuis au moins trois mois — recommandations fortes contre : la radiofréquence du ganglion spinal, associée ou non à une infiltration épidurale d'anesthésique local seul ou avec corticoïde ; l'infiltration épidurale d'anesthésique local, de corticoïde ou des deux.
  • Les gestes évalués couvrent les infiltrations des articulations postérieures cervicales et lombaires, de l'articulation sacro-iliaque, les infiltrations épidurales, la radiofréquence du ganglion spinal, la dénervation par radiofréquence des articulations postérieures et sacro-iliaques, et les injections intramusculaires paravertébrales.

Limites

  • Les recommandations ne s'appliquent ni à la douleur rachidienne aiguë, ni aux douleurs d'origine cancéreuse ou inflammatoire.
  • Le panel signale lui-même que de nouvelles recherches pourraient modifier ces conclusions, en particulier pour les gestes dont la certitude des preuves est faible ou très faible.
  • Les différences d'effet éventuelles selon les sous-types de douleur rachidienne chronique n'ont pas pu être établies.
  • Des critères qui comptent pour le patient sont mal rapportés dans les études disponibles : consommation d'opioïdes, reprise du travail, qualité du sommeil.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.