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Anesthésie périopératoire · Essai randomisé

Continuous Vital Sign Monitoring at the Surgical Ward for Improved Outcomes After Major Noncardiac Surgery: A Randomized Clinical Trial

La surveillance continue n'a pas réduit les anomalies des constantes

Anesth Analg · 1er juillet 2025 · 400 patients, essai randomisé

Chez 400 adultes opérés d'une chirurgie majeure non cardiaque, une surveillance continue sans fil des constantes vitales en salle d'hospitalisation, assortie d'alertes en temps réel sur les téléphones des soignants, a été comparée à la surveillance intermittente manuelle habituelle. La durée cumulée d'anomalies graves des constantes, critère de jugement principal, n'a pas été significativement réduite. La durée passée avec une SpO2 inférieure à 88 % a en revanche diminué de 47 minutes par jour en moyenne, et la proportion de patients ayant présenté au moins un événement indésirable dans les 30 jours était plus faible sous surveillance continue, résultat secondaire à confirmer.

Résultat principalDurée cumulée d'anomalies graves des constantes : 60 min/jour [25–136] sous surveillance continue contre 76 min/jour [28–192] (p = 0,19) · durée de SpO2 < 88 % : réduction moyenne de 47 minutes par jour (IC95 % 18–80 ; p = 0,02)
En pratiqueéquiper les opérés d'un monitorage continu en salle d'hospitalisation n'a pas suffi, dans cet essai, à raccourcir la durée totale des anomalies graves des constantes, son critère principal. Les gains observés portent sur le temps passé en désaturation profonde et, parmi les critères secondaires, sur la fréquence des événements indésirables à 30 jours. Ces signaux sont encourageants mais insuffisants pour généraliser l'équipement : ils appellent un essai dimensionné sur des critères cliniques, et rappellent que l'alerte ne vaut que par la réponse organisée qu'elle déclenche.

Question clinique

Après une chirurgie majeure non cardiaque, la surveillance continue et sans fil des constantes vitales en salle d'hospitalisation, avec alerte immédiate des soignants, réduit-elle le temps passé en anomalie grave des constantes ?

Méthode

Essai randomisé chez des adultes opérés d'une chirurgie majeure non cardiaque, répartis entre la prise en charge habituelle (mesures manuelles intermittentes) et cette même prise en charge complétée d'un monitorage continu sans fil déclenchant des alertes en temps réel sur les téléphones des soignants. Le critère principal était la durée cumulée d'anomalies graves des constantes : désaturation, tachycardie et bradycardie, tachypnée et bradypnée, hypotension et hypertension. Les patients et les évaluateurs des critères de jugement étaient en aveugle du groupe d'attribution. Les critères secondaires comprenaient les événements indésirables survenus dans les 30 jours.

Résultats clés

  • 400 patients randomisés, 200 dans le groupe monitorage continu et 200 dans le groupe témoin.
  • Critère principal : durée médiane d'anomalies graves des constantes de 60 min/jour (intervalle interquartile 25–136) sous monitorage continu contre 76 min/jour (28–192) dans le groupe témoin, différence non significative (p = 0,19).
  • Durée passée avec une SpO2 inférieure à 88 % : réduction moyenne de 47 minutes par jour (IC95 % 18–80 ; p = 0,02).
  • Critère secondaire : au moins un événement indésirable dans les 30 jours chez 31,5 % des patients sous monitorage continu contre 42,5 % dans le groupe témoin (p = 0,02).
  • Événements indésirables graves à 30 jours : 29,5 % sous monitorage continu contre 34,5 % dans le groupe témoin, sans différence significative (p = 0,39).

Limites

  • Le critère principal mesure des durées d'anomalies des constantes, et non des complications cliniques : sa réduction ne garantirait pas un bénéfice pour le patient.
  • Avec 400 patients, l'essai n'est pas dimensionné pour démontrer un effet sur les événements cliniques graves.
  • La baisse des événements indésirables est un critère secondaire, observée alors que le critère principal est négatif : elle demande confirmation par un essai construit pour cela.
  • Les soignants qui recevaient les alertes connaissaient nécessairement le groupe d'attribution ; seuls les patients et les évaluateurs étaient en aveugle.
  • Le résultat dépend autant du dispositif que de l'organisation chargée de répondre aux alertes, qui n'est pas transposable telle quelle d'un service à l'autre.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.