Cryoanalgesia Increases Neuropathic Pain in Adults Undergoing Minimally Invasive Surgery: A 1-Year Follow-up of a Randomized Study
La cryoanalgésie intercostale augmente la douleur neuropathique à un an
Un essai randomisé avait comparé, en chirurgie thoracique mini-invasive, un bloc intercostal seul à ce même bloc complété par une cryoablation de cinq à six nerfs intercostaux ; la cryoanalgésie n'y avait apporté aucun bénéfice sur la douleur précoce ni sur la consommation d'opioïdes. Le suivi à un an montre des scores de douleur neuropathique plus élevés après cryoanalgésie à 3, 6 et 12 mois. À 12 mois, 30 % des patients du groupe cryoanalgésie avaient un score LANSS évocateur de douleur neuropathique, contre 5 % de ceux qui n'avaient reçu que le bloc.
Question clinique
La cryoanalgésie des nerfs intercostaux, ajoutée au bloc intercostal en chirurgie thoracique mini-invasive, expose-t-elle à une douleur neuropathique persistante ? Le signal observé à deux semaines dans l'essai initial se confirme-t-il à distance ?
Méthode
Suivi à un an d'un essai randomisé (NCT05348447) conduit chez des adultes opérés d'une chirurgie thoracique mini-invasive. Le groupe témoin recevait des blocs intercostaux de bupivacaïne et de lidocaïne ; le groupe cryoanalgésie recevait ces mêmes blocs, complétés par une cryoablation de cinq à six nerfs intercostaux, 120 secondes chacun. Les patients étaient revus à 3, 6 et 12 mois. La douleur neuropathique était dépistée par l'échelle LANSS (Leeds Assessment of Neuropathic Symptoms and Signs), un score supérieur ou égal à 12 la définissant, et son intensité mesurée par une échelle visuelle analogique.
Résultats clés
- Données de suivi disponibles chez 76 patients à 3 mois (36 dans le groupe bloc seul, 40 dans le groupe cryoanalgésie), 82 à 6 mois (42 et 40) et 84 à 12 mois (44 et 40).
- Score LANSS médian constamment plus élevé après cryoanalgésie : 10 contre 0,5 à 3 mois (p = 0,003), 8 contre 0 à 6 mois (p < 0,001) et 4,5 contre 0 à 12 mois (p < 0,001).
- Proportion de patients dépistés comme ayant une douleur neuropathique (LANSS supérieur ou égal à 12) : 40 % contre 19 % à 3 mois (p = 0,031), 33 % contre 10 % à 6 mois (p = 0,010) et 30 % contre 5 % à 12 mois (p = 0,002).
- Intensité douloureuse à l'échelle visuelle analogique plus élevée après cryoanalgésie à 3 et 6 mois (p = 0,012 et 0,028), sans différence significative à 12 mois (p = 0,168).
Limites
- Les effectifs suivis sont modestes, de 76 à 84 patients selon le temps de mesure : les proportions reposent sur de petits nombres et leurs intervalles de confiance sont larges.
- Le nombre de patients analysés varie d'un temps de suivi à l'autre, signe d'un suivi incomplet dont l'effet sur les résultats ne peut pas être écarté.
- Le LANSS est un outil de dépistage de la douleur neuropathique, non un diagnostic clinique confirmé.
- Ni les patients ni les soignants ne pouvaient ignorer la réalisation du geste, et ce suivi à long terme ne constituait pas le critère de jugement principal de l'essai initial.