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Anesthésie locorégionale & douleur · Essai randomisé

Cryoanalgesia Increases Neuropathic Pain in Adults Undergoing Minimally Invasive Surgery: A 1-Year Follow-up of a Randomized Study

La cryoanalgésie intercostale augmente la douleur neuropathique à un an

Ann Surg · 7 novembre 2025 · suivi à un an d'un essai randomisé

Un essai randomisé avait comparé, en chirurgie thoracique mini-invasive, un bloc intercostal seul à ce même bloc complété par une cryoablation de cinq à six nerfs intercostaux ; la cryoanalgésie n'y avait apporté aucun bénéfice sur la douleur précoce ni sur la consommation d'opioïdes. Le suivi à un an montre des scores de douleur neuropathique plus élevés après cryoanalgésie à 3, 6 et 12 mois. À 12 mois, 30 % des patients du groupe cryoanalgésie avaient un score LANSS évocateur de douleur neuropathique, contre 5 % de ceux qui n'avaient reçu que le bloc.

Résultat principalDouleur neuropathique (score LANSS supérieur ou égal à 12) à 12 mois : 30 % après cryoanalgésie contre 5 % après bloc intercostal seul (p = 0,002)
En pratiquela cryoanalgésie intercostale, promue pour limiter la douleur après chirurgie thoracique mini-invasive, n'apportait déjà aucun bénéfice précoce dans cet essai et s'accompagne ici d'une douleur neuropathique plus fréquente et plus intense jusqu'à un an. En l'absence de gain démontré, sa proposition en routine ne paraît pas justifiée dans cette indication. Chez les patients déjà traités ainsi, une recherche active de symptômes neuropathiques lors des consultations de suivi est raisonnable.

Question clinique

La cryoanalgésie des nerfs intercostaux, ajoutée au bloc intercostal en chirurgie thoracique mini-invasive, expose-t-elle à une douleur neuropathique persistante ? Le signal observé à deux semaines dans l'essai initial se confirme-t-il à distance ?

Méthode

Suivi à un an d'un essai randomisé (NCT05348447) conduit chez des adultes opérés d'une chirurgie thoracique mini-invasive. Le groupe témoin recevait des blocs intercostaux de bupivacaïne et de lidocaïne ; le groupe cryoanalgésie recevait ces mêmes blocs, complétés par une cryoablation de cinq à six nerfs intercostaux, 120 secondes chacun. Les patients étaient revus à 3, 6 et 12 mois. La douleur neuropathique était dépistée par l'échelle LANSS (Leeds Assessment of Neuropathic Symptoms and Signs), un score supérieur ou égal à 12 la définissant, et son intensité mesurée par une échelle visuelle analogique.

Résultats clés

  • Données de suivi disponibles chez 76 patients à 3 mois (36 dans le groupe bloc seul, 40 dans le groupe cryoanalgésie), 82 à 6 mois (42 et 40) et 84 à 12 mois (44 et 40).
  • Score LANSS médian constamment plus élevé après cryoanalgésie : 10 contre 0,5 à 3 mois (p = 0,003), 8 contre 0 à 6 mois (p < 0,001) et 4,5 contre 0 à 12 mois (p < 0,001).
  • Proportion de patients dépistés comme ayant une douleur neuropathique (LANSS supérieur ou égal à 12) : 40 % contre 19 % à 3 mois (p = 0,031), 33 % contre 10 % à 6 mois (p = 0,010) et 30 % contre 5 % à 12 mois (p = 0,002).
  • Intensité douloureuse à l'échelle visuelle analogique plus élevée après cryoanalgésie à 3 et 6 mois (p = 0,012 et 0,028), sans différence significative à 12 mois (p = 0,168).

Limites

  • Les effectifs suivis sont modestes, de 76 à 84 patients selon le temps de mesure : les proportions reposent sur de petits nombres et leurs intervalles de confiance sont larges.
  • Le nombre de patients analysés varie d'un temps de suivi à l'autre, signe d'un suivi incomplet dont l'effet sur les résultats ne peut pas être écarté.
  • Le LANSS est un outil de dépistage de la douleur neuropathique, non un diagnostic clinique confirmé.
  • Ni les patients ni les soignants ne pouvaient ignorer la réalisation du geste, et ce suivi à long terme ne constituait pas le critère de jugement principal de l'essai initial.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.