Effect of driving pressure-limiting strategies on outcomes of patients with ARDS: a meta-analysis of randomized controlled trials
Limiter la pression motrice reste difficile et sans bénéfice démontré
Quatre essais randomisés, soit 431 patients atteints d’un SDRA, ont comparé une stratégie visant à limiter la pression motrice, ajoutée à la ventilation protectrice, à la ventilation protectrice seule. Ces stratégies ne sont pas parvenues à abaisser la pression motrice de façon significative après la randomisation, et elles n’ont modifié ni la mortalité (35,7 % contre 39,0 % ; RR 0,63 ; IC95 % 0,20–1,94 ; p = 0,28) ni les jours vivant sans ventilation mécanique. Seule la durée de séjour en réanimation a été plus courte dans le groupe intervention (différence moyenne de −2,40 jours ; IC95 % −3,31 à −1,49 ; p = 0,004).
Question clinique
Chez un patient atteint d’un SDRA déjà ventilé de façon protectrice, ajouter une stratégie destinée à limiter la pression motrice (driving pressure) est-il réalisable, et améliore-t-il le devenir ?
Méthode
Méta-analyse d’essais randomisés, enregistrée sur PROSPERO, à partir d’une recherche dans PubMed, Scopus et CENTRAL complétée par les références des articles retenus. Étaient inclus les essais opposant, chez des patients atteints de SDRA, une stratégie de limitation de la pression motrice ajoutée à la ventilation protectrice (réduction du volume courant, titration de la pression expiratoire positive, ou les deux) à la ventilation protectrice seule. Quatre essais totalisant 431 patients ont été retenus. Critères étudiés : faisabilité de l’intervention, mortalité de toute cause, jours vivant sans ventilation mécanique et durée de séjour en réanimation.
Résultats clés
- Faisabilité : les différences moyennes de pression motrice après randomisation sont de −2,17, −2,09 et −2,15 cmH2O aux jours 1, 2 et 3, sans écart statistiquement significatif entre les groupes. L’intervention n’a donc pas réellement abaissé la pression motrice.
- Mortalité de toute cause : 35,7 % dans le groupe intervention contre 39,0 % dans le groupe témoin (RR 0,63 ; IC95 % 0,20–1,94 ; p = 0,28).
- Jours vivant sans ventilation mécanique : aucune différence entre les groupes (p = 0,88).
- Durée de séjour en réanimation plus courte dans le groupe intervention : différence moyenne de −2,40 jours (IC95 % −3,31 à −1,49 ; p = 0,004).
Limites
- Quatre essais et 431 patients seulement : l’intervalle de confiance du risque relatif de décès va de 0,20 à 1,94, c’est-à-dire d’un bénéfice important à un excès de décès. Ces données ne permettent de conclure dans aucun sens.
- Les stratégies regroupées sont hétérogènes : réduction du volume courant, titration de la pression expiratoire positive, ou association des deux.
- Puisque la pression motrice n’a pas été abaissée de façon significative, la méta-analyse renseigne davantage sur la faisabilité de ces stratégies que sur l’effet d’une pression motrice réellement plus basse.
- Le gain isolé sur la durée de séjour en réanimation, sans effet parallèle sur la mortalité ni sur la durée de ventilation, demande une interprétation prudente.