Effect of Enhanced Versus Usual Mobilization Activities in Critically Ill Adults: A Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials
La mobilisation renforcée réduit probablement la faiblesse acquise en réanimation
Cette méta-analyse rassemble 59 essais randomisés et 8 462 adultes de réanimation, comparant une mobilisation renforcée à la prise en charge habituelle. La mobilisation renforcée réduit probablement la survenue d’une faiblesse acquise en réanimation et pourrait raccourcir la durée du delirium ainsi que celle de la ventilation mécanique invasive. Les événements indésirables paraissent peu ou pas différents entre les deux stratégies.
Question clinique
Chez l’adulte hospitalisé en réanimation, une mobilisation renforcée par rapport à la mobilisation habituelle améliore-t-elle le devenir, et au prix de quels risques ?
Méthode
Revue systématique et méta-analyse d’essais randomisés en groupes parallèles, enregistrée avant sa réalisation. Étaient retenus les essais menés chez des adultes d’au moins 18 ans hospitalisés en réanimation, dont le groupe intervention recevait pendant le séjour des activités de mobilisation allant au-delà des soins habituels, le groupe témoin recevant les soins habituels, lesquels devaient déjà comporter une part de mobilisation. Quatre bases de données et deux registres d’essais ont été interrogés jusqu’en mai 2024. Sélection des articles et extraction des données ont été faites en double et de façon indépendante, et le niveau de preuve de chaque critère apprécié selon la méthode GRADE.
Résultats clés
- 59 essais randomisés et 8 462 patients répondaient aux critères d’inclusion.
- Faiblesse acquise en réanimation : risque relatif 0,79 ; IC95 % 0,66–0,95 (niveau de preuve modéré).
- Durée du delirium : différence moyenne de −1,34 jour ; IC95 % −1,85 à −0,83 (niveau de preuve faible).
- Durée de ventilation mécanique invasive : différence moyenne de −1,07 jour ; IC95 % −1,64 à −0,50 (niveau de preuve modéré).
- Durées de séjour en réanimation et à l’hôpital légèrement raccourcies, avec un niveau de preuve faible.
- Peu ou pas de différence sur les événements indésirables, avec un niveau de preuve faible.
Limites
- Le niveau de preuve reste faible pour la durée du delirium, les durées de séjour et la sécurité : ces résultats demandent confirmation.
- Les protocoles de mobilisation comme la définition des soins habituels varient beaucoup d’un essai à l’autre, ce qui rend l’intervention difficile à standardiser.
- Le groupe témoin bénéficiait déjà d’une part de mobilisation : le contraste entre les deux stratégies s’en trouve atténué.
- La question de savoir si le bénéfice tient à la précocité de la mobilisation plutôt qu’à son intensité reste ouverte.