PAUSE AR
Ventilation, SDRA & oxygénation · Méta-analyse

Effectiveness and safety of prolonged prone positioning in adult patients with acute respiratory distress syndrome (ARDS): a systematic review and meta-analysis

Le décubitus ventral prolongé n’a pas encore fait ses preuves

Crit Care · 6 novembre 2025 · 9 études, 1 045 patients

Prolonger les séances de décubitus ventral jusqu’à 24 heures ou plus est proposé dans le SDRA modéré à grave, sans que le bénéfice en soit établi. Cette revue systématique réunit neuf études et 1 045 patients, dont deux petits essais randomisés et deux études non randomisées à risque de biais faible à modéré, la plupart portant sur des SDRA liés au COVID-19. La mortalité à 90 jours ne diffère pas significativement entre séances prolongées et séances plus courtes, et aucun critère secondaire, oxygénation ou effets indésirables, ne sépare les deux stratégies. La certitude des données est faible à très faible : bénéfice comme risque restent plausibles.

Résultat principalMortalité à 90 jours, décubitus ventral d’au moins 24 heures contre séances plus courtes : HR 0,72 ; IC95 % 0,411,25 sur 641 patients, différence non significative
En pratiqueces données ne permettent pas de recommander d’allonger systématiquement les séances de décubitus ventral au-delà de 24 heures en dehors d’une étude clinique. Elles ne condamnent pas non plus la pratique : le manque de puissance laisse ouverte la possibilité d’un bénéfice comme d’un excès de complications. La durée des séances reste donc une décision au cas par cas, en tenant compte du risque d’escarres et de la charge de surveillance, dans l’attente d’essais de taille suffisante.

Question clinique

Dans le SDRA modéré à grave, prolonger une séance de décubitus ventral jusqu’à 24 heures ou plus améliore-t-il la survie et l’oxygénation par rapport aux séances plus courtes, et au prix de quelles complications ?

Méthode

Revue systématique et méta-analyse d’essais randomisés et d’études observationnelles ayant comparé, chez l’adulte en SDRA, un décubitus ventral de moins de 24 heures à un décubitus ventral d’au moins 24 heures. La recherche a couvert MEDLINE, CENTRAL, ClinicalTrials.gov, ISRCTN, ICTRP et le registre Cochrane COVID-19, jusqu’au 3 juillet 2025. Le risque de biais a été évalué par ROB-2 pour les essais randomisés et ROBINS-I V2 pour les études non randomisées. Le critère principal était la mortalité, les critères secondaires l’amélioration de l’oxygénation et les effets indésirables ; les résultats ont été groupés par un modèle à effets aléatoires et la certitude appréciée selon GRADE.

Résultats clés

  • Sur 19 986 références examinées, 9 études totalisant 1 045 patients ont été retenues. Quatre d’entre elles avaient un risque de biais faible à modéré : deux petits essais randomisés (112 patients) et deux études non randomisées (581 patients).
  • Mortalité à 90 jours : HR 0,72 ; IC95 % 0,411,25 sur 641 patients, soit aucun effet significatif.
  • Aucune différence significative non plus sur les critères secondaires, qu’il s’agisse de l’oxygénation ou des effets indésirables.
  • L’hétérogénéité mesurée était nulle (I² à 0 %), mais son propre intervalle de confiance allait de 0 à 89 % : une hétérogénéité importante ne peut pas être écartée.
  • La majorité des patients inclus avaient un SDRA lié au COVID-19.

Limites

  • Le corpus repose sur deux petits essais randomisés et sur des études non randomisées : la certitude des données est jugée faible à très faible.
  • La puissance statistique est insuffisante et les intervalles très larges : l’absence de différence observée ne démontre ni bénéfice ni innocuité, et un effet délétère reste possible.
  • La prédominance des SDRA liés au COVID-19 limite la transposition aux autres causes de SDRA.
  • Le mélange d’essais randomisés et d’études observationnelles expose à des biais résiduels de sélection et d’indication.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.