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Sédation, delirium & après-réanimation · Essai randomisé · DOCS

Effects of Dexmedetomidine on Outcomes After Cardiac Surgery (DOCS): a randomised double-blind, placebo-controlled trial

La dexmédétomidine ne réduit pas les complications après chirurgie cardiaque

Br J Anaesth · 14 novembre 2025 · Essai randomisé en double insu contre placebo, 1 073 participants

Chez 1 073 adultes opérés d’une chirurgie cardiaque sous circulation extracorporelle, une perfusion de dexmédétomidine de 12 heures débutée après l’induction n’a réduit ni les complications majeures ni la mortalité hospitalière par rapport à un placebo. Les complications majeures ont touché 30 % des patients traités contre 32 % sous placebo. Les critères de sécurité ne différaient pas entre les deux groupes.

Résultat principalComplications majeures après l’intervention : 30 % sous dexmédétomidine contre 32 % sous placebo (risque relatif 0,93 ; IC95 % 0,72–1,21 ; p = 0,66)
En pratiquechez l’adulte opéré du cœur sous circulation extracorporelle, une perfusion courte de dexmédétomidine débutée après l’induction n’apporte pas de bénéfice sur les complications majeures ni sur la mortalité hospitalière. Ce résultat n’appuie pas son administration systématique dans une visée de protection d’organe. L’intérêt de la dexmédétomidine comme sédatif ou dans la prévention du delirium se juge sur d’autres données.

Question clinique

Chez l’adulte opéré d’une chirurgie cardiaque sous circulation extracorporelle, une administration périopératoire de dexmédétomidine réduit-elle les décès et les complications majeures ?

Méthode

Essai randomisé multicentrique en double insu contre placebo, conduit dans neuf hôpitaux chinois. Les adultes programmés pour une chirurgie cardiaque sous circulation extracorporelle recevaient, après l’induction de l’anesthésie et pendant 12 heures, soit de la dexmédétomidine intraveineuse à 0,4 µg/kg/h, soit du sérum salé. Les deux critères de jugement principaux étaient la mortalité hospitalière et la survenue de complications majeures après l’intervention : accident vasculaire cérébral, infarctus du myocarde, bloc cardiaque, arrêt cardiaque. L’analyse était faite en intention de traiter. Les critères secondaires reprenaient chaque complication prise isolément.

Résultats clés

  • 1 073 participants ont terminé l’essai après randomisation : 46 % de femmes, âge moyen de 54 ans (de 47 à 63 ans).
  • Complications majeures : 161 patients sur 536 (30 %) sous dexmédétomidine contre 169 sur 537 (32 %) sous placebo, soit un risque relatif de 0,93 ; IC95 % 0,72–1,21 (p = 0,66).
  • Mortalité hospitalière : 10 patients sur 536 (1,9 %) contre 15 sur 537 (2,8 %), soit un rapport de cotes de 0,66 ; IC95 % 0,29–1,49 (p = 0,32).
  • En dehors du bloc cardiaque, les complications majeures prises isolément ne différaient pas entre les deux groupes ; le sens et l’ampleur de l’écart sur le bloc cardiaque ne figurent pas dans le résumé.
  • Les critères de sécurité et les indicateurs de déroulement des soins étaient comparables.

Limites

  • Les participants étaient relativement jeunes (âge moyen de 54 ans) et recrutés dans un seul pays : la transposition à des patients plus âgés ou plus fragiles reste incertaine.
  • La perfusion se limitait à 12 heures après l’induction : l’essai ne renseigne pas sur une administration prolongée en réanimation.
  • Le nombre de décès hospitaliers est faible dans les deux groupes, ce qui rend l’estimation de l’effet sur la mortalité très imprécise.
  • Le devenir à distance de l’intervention, notamment cognitif, n’est pas rapporté.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.