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Anesthésie locorégionale & douleur · Essai randomisé

Eliminating opioid prescriptions from outpatient minimally invasive gynecologic surgery: a randomized trial

Après cœlioscopie gynécologique, l’ordonnance sans opioïde ne dégrade pas l’analgésie

Nat Med · 5 janvier 2026 · Essai randomisé de non-infériorité, 110 patientes

Chez des patientes opérées en ambulatoire d’une cœlioscopie gynécologique mini-invasive, un essai randomisé en simple aveugle a comparé une ordonnance de sortie sans aucun opioïde à une ordonnance restrictive comportant cinq comprimés d’hydromorphone 1 mg, dans les deux cas associée à une analgésie multimodale. La douleur au premier jour postopératoire, critère principal, était comparable dans les deux groupes, de même qu’au septième jour, et aucune patiente du groupe sans opioïde n’a eu besoin d’une ordonnance de secours. Les nausées et vomissements étaient en revanche plus fréquents lorsque l’ordonnance comportait un opioïde.

Résultat principalCritère principal, douleur au premier jour postopératoire : 3,1 sans opioïde contre 3,5 avec opioïde (p = 0,31) · nausées et vomissements : 14,3 % sans opioïde contre 35,2 % avec opioïde (p = 0,01)
En pratiquedans ce contexte précis, une ordonnance de sortie purement multimodale paraît suffire : la douleur rapportée n’est pas plus forte et aucune patiente n’a réclamé d’opioïde de secours. L’argument de tolérance est net, avec nettement moins de nausées et de vomissements. L’effectif modeste incite toutefois à garder une voie de secours joignable plutôt qu’à supprimer toute prescription par principe.

Question clinique

Après une cœlioscopie gynécologique menée en ambulatoire, peut-on renoncer à prescrire un opioïde à la sortie sans dégrader le contrôle de la douleur ?

Méthode

Essai randomisé en simple aveugle, conduit dans un seul centre universitaire de recours. Des patientes sans antécédent douloureux chronique, opérées en ambulatoire d’une cœlioscopie gynécologique mini-invasive, recevaient en plus de l’analgésie multimodale soit une ordonnance de sortie sans opioïde, soit une ordonnance restrictive comportant cinq comprimés d’hydromorphone 1 mg. Le critère principal était la douleur rapportée par la patiente au premier jour postopératoire ; les critères secondaires (douleur, consommation totale d’opioïdes, mobilité, effets indésirables, recours aux urgences ou à une consultation, satisfaction) étaient recueillis au premier et au septième jour par un évaluateur en aveugle. Sur 110 patientes randomisées, 103 ont terminé l’étude : 49 sans opioïde et 54 avec opioïde.

Résultats clés

  • Critère principal, douleur au premier jour postopératoire : 3,1 sans opioïde contre 3,5 avec opioïde (p = 0,31).
  • Au septième jour, la douleur moyenne était de 1,0 sans opioïde contre 1,5 avec opioïde (p = 0,14) ; mobilité et satisfaction étaient comparables.
  • Nausées et vomissements : 14,3 % sans opioïde contre 35,2 % avec opioïde (p = 0,01).
  • Aucune patiente du groupe sans opioïde n’a nécessité d’ordonnance de secours d’opioïde. Dans le groupe avec opioïde, 27,8 % des patientes en avaient consommé au premier jour et 11,1 % au septième.

Limites

  • Essai monocentrique de faible effectif (103 patientes analysées), sans puissance pour les événements rares ni pour les analyses en sous-groupes.
  • Population très sélectionnée : femmes sans douleur chronique préexistante, chirurgie mini-invasive ambulatoire. Les résultats ne se transposent pas à une chirurgie plus lourde ni à une patiente déjà traitée par opioïdes.
  • Aveugle simple, et la marge de non-infériorité retenue n’est pas précisée dans le résumé publié.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.