Erector spinae plane block versus paravertebral block for major oncological breast surgery: a multicentre randomised controlled trial
Le bloc érecteur du rachis ne vaut pas le paravertébral
Le bloc du plan du muscle érecteur du rachis est proposé en chirurgie mammaire comme une alternative plus simple et réputée plus sûre que le bloc paravertébral thoracique. Cet essai multicentrique en double insu a réparti 292 femmes opérées d’un cancer du sein entre les deux techniques : le recours à la morphine dans les deux premières heures a été nettement plus fréquent après bloc érecteur du rachis, et le critère de non-infériorité n’a pas été atteint. La couverture métamérique attendue était plus souvent incomplète avec cette technique.
Question clinique
Pour l’analgésie d’une chirurgie mammaire carcinologique lourde, le bloc du plan du muscle érecteur du rachis fait-il aussi bien que le bloc paravertébral thoracique ?
Méthode
Essai prospectif multicentrique, randomisé et mené en double insu chez 292 femmes opérées d’une chirurgie mammaire majeure, réparties entre bloc du plan du muscle érecteur du rachis et bloc paravertébral thoracique. Critère principal, évalué selon un schéma de non-infériorité : proportion de patientes ayant reçu de la morphine au cours des deux premières heures postopératoires. Critères secondaires : scores de douleur, consommation de morphine, complications et satisfaction. Enregistrement : ClinicalTrials.gov NCT04827030.
Résultats clés
- Morphine reçue dans les deux premières heures : 75,2 % des patientes du groupe bloc érecteur du rachis contre 50,3 % du groupe bloc paravertébral. Le critère de non-infériorité n’est pas atteint.
- La consommation totale de morphine a été comparable entre les deux groupes.
- Les scores de douleur ont été plus élevés après bloc érecteur du rachis, en particulier à la mobilisation.
- La zone métamérique requise n’était pas couverte chez 55,9 % des patientes du groupe bloc érecteur du rachis, contre 20,4 % du groupe bloc paravertébral.
- La satisfaction, élevée, a été comparable dans les deux groupes, et aucune complication grave n’a été observée.
Limites
- Le critère principal est un recours précoce à la morphine sur deux heures, marqueur sensible aux protocoles locaux de titration et à la période de salle de surveillance post-interventionnelle.
- La marge de non-infériorité retenue et les intervalles de confiance ne figurent pas dans le résumé : l’ampleur exacte de la différence doit être lue dans l’article.
- Le volume, la concentration et le niveau d’injection retenus pour chaque technique conditionnent fortement les résultats et ne sont pas détaillés ici.
- Le suivi rapporté est court : rien n’est dit de la douleur chronique post-mastectomie ni de la récupération à distance.
- L’effectif n’autorise pas de conclusion sur les complications rares, au premier rang desquelles le pneumothorax attribué au bloc paravertébral.