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Sédation, delirium & après-réanimation · Essai randomisé · AID-ICU

Functional Status After Delirium in the ICU: A 1-Year Follow-Up of the Agents Intervening Against Delirium in the ICU (AID-ICU) Trial

Un an après, l’état fonctionnel ne diffère pas sous halopéridol

Crit Care Med · 19 août 2025 · Suivi à un an prévu au protocole d’un essai randomisé

Ce suivi prévu au protocole de l’essai AID-ICU a comparé, un an après l’inclusion, l’état fonctionnel de patients de réanimation traités par halopéridol ou par placebo pour un delirium. Sur 632 patients inclus dans trois centres, 144 seulement ont pu être suivis. Les scores d’activités de la vie quotidienne, l’échelle de fragilité clinique et la force de préhension ne différaient pas entre les groupes, mais les estimations restent trop imprécises pour écarter une différence cliniquement utile.

Résultat principalDifférences moyennes ajustées à un an, halopéridol contre placebo : 0,1 point ; IC95 % −0,5 à 0,7 pour les activités instrumentales de la vie quotidienne, et 0,2 ; IC95 % −1,3 à 1,7 pour les activités de base
En pratiquece suivi ne montre ni bénéfice ni préjudice fonctionnel de l’halopéridol un an après un delirium de réanimation. Le petit nombre de patients réellement suivis ne permet toutefois pas de trancher : il n’y a pas d’argument pour prescrire l’halopéridol dans l’espoir d’améliorer l’autonomie à distance, ni de raison de redouter une dégradation. Le traitement d’un delirium agité se décide donc toujours sur le contrôle des symptômes à court terme.

Question clinique

Chez l’adulte de réanimation traité pour un delirium, l’halopéridol modifie-t-il l’état fonctionnel un an après l’inclusion, par rapport à un placebo ?

Méthode

Suivi à un an prévu au protocole de l’essai randomisé AID-ICU, mené en insu contre placebo. Il porte sur les 632 patients inclus dans trois des centres participants. L’état fonctionnel était apprécié par le score d’activités instrumentales de la vie quotidienne de Lawton-Brody, le score d’activités de base de la vie quotidienne Barthel-20, l’échelle de fragilité clinique et la force de préhension. Les patients décédés se voyaient attribuer la valeur la plus défavorable et les données manquantes ont été traitées par imputation multiple. Les résultats sont exprimés en différences de moyennes et en rapports de moyennes avec IC95 %, ajustés sur l’âge et le sexe.

Résultats clés

  • Sur les 632 patients inclus dans ces trois centres, 75 participants du groupe halopéridol et 69 du groupe placebo étaient disponibles pour le suivi à un an.
  • Le suivi s’est fait par téléphone pour 28,5 % des répondants (41 sur 144) et un proche a répondu au questionnaire pour 4,2 % d’entre eux (6 sur 144).
  • À un an, les différences moyennes ajustées entre halopéridol et placebo étaient de 0,1 point pour les activités instrumentales de la vie quotidienne (IC95 % −0,5 à 0,7 ; p = 0,687) et de 0,2 point pour les activités de base (IC95 % −1,3 à 1,7 ; p = 0,773).
  • Elles étaient de 0,0 pour l’échelle de fragilité clinique (IC95 % −0,4 à 0,5 ; p = 0,862) et de −2,9 pour la force de préhension (IC95 % −7,1 à 1,2 ; p = 0,175).

Limites

  • Seuls 144 des 632 patients inclus dans ces centres étaient disponibles pour l’évaluation à un an, décès et perdus de vue confondus : le recours à l’imputation multiple est massif et expose à un biais de sélection.
  • Les estimations sont imprécises : des différences cliniquement importantes ne peuvent pas être écartées.
  • Attribuer aux patients décédés la valeur la plus défavorable mêle survie et capacité fonctionnelle dans un même score.
  • Une partie du recueil s’est faite par téléphone ou auprès d’un proche, ce qui peut peser sur la mesure de l’autonomie.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.