Guidelines for antenatal and preoperative care in cesarean delivery: Enhanced Recovery After Surgery Society recommendations (part 1)-2025 update
La réhabilitation après césarienne commence avant l’entrée au bloc
La Société ERAS actualise pour la première fois depuis 2018 ses recommandations sur la période anténatale et préopératoire de la césarienne. Six interventions sont retenues, après une recherche bibliographique menée jusqu’en septembre 2024 et un consensus d’experts : information de la patiente sur son parcours, formation pluridisciplinaire des équipes, optimisation des comorbidités de la grossesse, préparation cutanée à la chlorhexidine la veille, durée de jeûne adaptée à ce qui a été ingéré et boisson glucidique non particulaire avant l’intervention. Les trois premières concernent la période anténatale, de la 10e à la 38e semaine de grossesse, les trois autres la préparation immédiate. Le niveau de preuve est le plus souvent faible, alors que la recommandation reste forte pour quatre d’entre elles.
Question clinique
Quelles mesures anténatales et préopératoires méritent d’être mises en place avant une césarienne pour améliorer la récupération maternelle et le devenir néonatal, et avec quel niveau de preuve ?
Méthode
Première actualisation des recommandations de la Société ERAS pour la période anténatale et préopératoire de la césarienne, publiées initialement en 2018. Les interventions ont été choisies par consensus d’experts selon la méthode Delphi. Une recherche bibliographique actualisée a été menée en septembre 2024 dans six bases de données, ciblée sur les essais randomisés et les grandes études observationnelles d’au moins 800 patientes parues depuis les recommandations précédentes. La qualité des preuves et la force de chaque recommandation ont ensuite été établies par consensus selon la méthode GRADE.
Résultats clés
- Information de la patiente sur le parcours d’une césarienne programmée : preuve faible à très faible, recommandation forte.
- Formation des équipes médicales et chirurgicales à la démarche de réhabilitation, à sa mise en œuvre et à sa mesure : preuve faible, recommandation forte.
- Optimisation médicale des comorbidités de la grossesse — anémie, obésité, hypertension, diabète préexistant ou gestationnel, tabac, cannabis et vapotage, cardiopathie congénitale, épilepsie, maladie auto-immune, asthme : preuve modérée, recommandation forte.
- Préparation cutanée abdominale par lingette imprégnée de gluconate de chlorhexidine, la veille au soir d’une césarienne programmée : preuve modérée, recommandation faible.
- Durée du jeûne préopératoire adaptée à la nature de ce qui a été ingéré : preuve faible, recommandation faible.
- Boisson glucidique non particulaire avant l’intervention : preuve faible à modérée, recommandation forte.
- Les trois premières recommandations s’appliquent à la période anténatale, de la 10e à la 38e semaine de grossesse ; les trois suivantes à la préparation immédiate de l’intervention.
Limites
- Le niveau de preuve est faible ou très faible pour la moitié des mesures, alors que la recommandation est forte : ces choix reposent largement sur l’accord des experts.
- Plusieurs interventions relèvent de l’organisation des soins, dont l’effet dépend de l’adhésion des équipes et varie beaucoup d’un établissement à l’autre.
- La recherche bibliographique a été restreinte aux essais randomisés et aux grandes séries, ce qui a pu écarter des travaux de moindre effectif.
- Le texte énumère des interventions sans quantifier le bénéfice attendu sur la durée de séjour, la douleur ou la satisfaction.