Guidelines for postoperative care in cesarean delivery: Enhanced Recovery After Surgery Society recommendations (part 3)-2025 update
Treize mesures postopératoires composent la réhabilitation après césarienne
La Société ERAS actualise pour la première fois depuis 2019 le volet postopératoire de la réhabilitation après césarienne. Treize interventions sont retenues, toutes assorties d’une recommandation forte : reprise précoce de la boisson et de l’alimentation, arrêt précoce de la perfusion, lever et marche précoces, retrait précoce de la sonde urinaire, paracétamol puis anti-inflammatoires non stéroïdiens à heures fixes, opioïdes oraux en secours, protocole écrit de traitement des effets indésirables, prévention thromboembolique, correction de l’anémie, soutien à l’allaitement, respect de périodes de repos et préparation de la sortie. Seuls les anti-inflammatoires non stéroïdiens s’appuient sur un niveau de preuve élevé ; la plupart des autres mesures reposent sur des données faibles.
Question clinique
Quelles mesures postopératoires mettre en place après une césarienne pour améliorer la récupération maternelle, et avec quel niveau de preuve ?
Méthode
Première actualisation des recommandations postopératoires de la Société ERAS pour la césarienne, publiées initialement en 2019. Les interventions ont été retenues par consensus d’experts. Une recherche bibliographique actualisée a été menée en septembre 2024 dans six bases de données, ciblée sur les essais randomisés et les grandes études observationnelles d’au moins 800 patientes parues depuis la version précédente. La qualité des preuves et la force de chaque recommandation ont été arrêtées par consensus selon la méthode GRADE.
Résultats clés
- Reprise précoce de la boisson et de l’alimentation, arrêt précoce de la perfusion intraveineuse, lever et marche précoces, retrait précoce de la sonde urinaire : preuve faible à très faible, recommandation forte pour chacune.
- Paracétamol à heures fixes : preuve modérée, recommandation forte. Anti-inflammatoires non stéroïdiens à heures fixes : preuve élevée, recommandation forte — seule mesure du texte à ce niveau de preuve.
- Opioïdes oraux en traitement de secours : preuve faible, recommandation forte.
- Protocole standardisé de traitement des effets indésirables : preuve faible à modérée, recommandation forte.
- Prévention de la maladie thromboembolique veineuse : preuve faible, recommandation forte.
- Correction de l’anémie : preuve modérée, recommandation forte.
- Soutien et éducation à l’allaitement, ménagement de périodes de repos, préparation de la sortie centrée sur la patiente : preuve faible, recommandation forte pour chacune.
Limites
- Douze des treize mesures reposent sur des preuves faibles à modérées alors que toutes sont fortement recommandées : l’accord des experts pèse autant que les données.
- L’analgésie est décrite par classes de médicaments, sans posologie ni durée, et la place des blocs de paroi n’est pas abordée dans ce volet.
- La prévention thromboembolique est recommandée sans que la molécule, la dose ni la durée soient précisées ici.
- La recherche bibliographique a été restreinte aux essais randomisés et aux grandes séries d’au moins 800 patientes, et l’effet propre de chaque mesure n’est pas quantifié.