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Hémodynamique, choc & remplissage · Essai randomisé en grappes · TRACTION

Hospital Policy of Tranexamic Acid to Reduce Transfusion in Major Noncardiac Surgery

Une politique systématique d’acide tranexamique réduit les transfusions en chirurgie

N Engl J Med · 10 juin 2026 · Essai en grappes en double insu, 8273 patients

Cet essai a comparé, à l’échelle d’hôpitaux entiers et en double insu, une politique d’administration peropératoire d’acide tranexamique à un placebo chez des patients opérés d’une chirurgie non cardiaque majeure à risque élevé de transfusion. La proportion de patients transfusés en globules rouges pendant le séjour a baissé d’environ un quart. La fréquence des événements thromboemboliques veineux à 90 jours était identique dans les deux groupes et répondait au critère de non-infériorité prévu.

Résultat principalTransfusion de globules rouges pendant le séjour : 7,4 % sous acide tranexamique contre 9,8 % sous placebo (risque relatif 0,73 ; IC95 % 0,61–0,86 ; différence ajustée −2,7 points de pourcentage ; IC95 % −4,2 à −1,4)
En pratiquechez un opéré d’une chirurgie non cardiaque majeure à risque hémorragique, l’acide tranexamique peropératoire prescrit de façon systématique évite des transfusions sans excès d’événements thromboemboliques à 90 jours. C’est un argument fort pour inscrire la molécule dans les protocoles de bloc, y compris en chirurgie carcinologique. L’essai ne montre pas de bénéfice sur la mortalité et n’a pas été conçu pour cela.

Question clinique

Administrer systématiquement de l’acide tranexamique à tous les opérés d’une chirurgie non cardiaque majeure à risque de transfusion diminue-t-il le recours aux globules rouges sans augmenter les thromboses veineuses ?

Méthode

Essai multicentrique randomisé en grappes avec permutation, en double insu, contre placebo. Les hôpitaux étaient affectés toutes les quatre semaines à une politique établissement d’acide tranexamique peropératoire ou de placebo. Les deux critères de jugement principaux étaient l’efficacité, jugée sur la transfusion de globules rouges pendant le séjour de l’intervention, et la sécurité, jugée sur le diagnostic de maladie thromboembolique veineuse dans les 90 jours, analysée en non-infériorité avec une borne supérieure prédéfinie de 1,46 pour l’intervalle de confiance à 95 % du risque relatif. Les analyses ont utilisé des modèles mixtes tenant compte du plan en grappes avec permutation.

Résultats clés

  • 8273 patients ont pu être évalués pour les deux critères principaux, dans 10 hôpitaux. La chirurgie carcinologique représentait 60,5 % des interventions (5002 sur 8273).
  • Transfusion de globules rouges : 7,4 % des patients (306 sur 4156) sous acide tranexamique contre 9,8 % (403 sur 4117) sous placebo ; risque relatif 0,73 ; IC95 % 0,61–0,86 ; différence ajustée −2,7 points de pourcentage ; IC95 % −4,2 à −1,4.
  • Maladie thromboembolique veineuse à 90 jours : 2,1 % (86 sur 4128) sous acide tranexamique contre 2,1 % (85 sur 4052) sous placebo ; risque relatif 0,96 ; IC95 % 0,65–1,38 ; différence ajustée −0,1 point de pourcentage ; IC95 % −0,9 à 0,7. Le critère de non-infériorité est atteint.

Limites

  • Le bénéfice porte sur le recours à la transfusion, pas sur la mortalité ni sur les complications postopératoires graves.
  • La réduction absolue est de quelques points de pourcentage, dans une population déjà sélectionnée sur un risque élevé de transfusion.
  • La chirurgie carcinologique domine le recrutement : la transposition à d’autres chirurgies lourdes demande de la prudence.
  • La non-infériorité sur la maladie thromboembolique veineuse a été jugée sur une borne de 1,46 : elle n’exclut pas un excès de faible ampleur.
  • La randomisation portait sur des périodes d’établissement : elle évalue une politique de service, non une prescription patient par patient.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.