ICU-specific virtual reality for mental health after critical illness: an international three-arm randomized clinical trial
Une séance de réalité virtuelle laisse le stress post-traumatique inchangé
Revoir son séjour de réanimation en réalité virtuelle a été proposé pour atténuer les troubles psychiques qui suivent une maladie grave. Cet essai randomisé international a comparé, chez 344 adultes ayant séjourné en réanimation et reçu une ventilation mécanique, une séance unique de vidéo immersive — précoce ou tardive — aux soins habituels. À six mois, l’intensité des symptômes de stress post-traumatique ne différait pas entre les trois groupes, pas plus que l’anxiété, la dépression et la qualité de vie, alors même que les patients disaient apprécier l’expérience.
Question clinique
Une vidéo de réalité virtuelle retraçant le séjour en réanimation réduit-elle les symptômes de stress post-traumatique des patients après leur sortie, et le moment où elle est proposée change-t-il quelque chose ?
Méthode
Essai randomisé international multicentrique à trois bras, mené dans onze hôpitaux. Étaient inclus des adultes ayant séjourné au moins 72 heures en réanimation dont au moins 24 heures sous ventilation mécanique. Les patients étaient répartis à parts égales entre soins habituels, réalité virtuelle précoce (entre le septième et le quinzième jour suivant la sortie de réanimation) et réalité virtuelle tardive (à partir du troisième mois, lors du suivi). Critère principal : l’intensité des symptômes de stress post-traumatique à six mois, mesurée par l’échelle IES-R (Impact of Event Scale-Revised, de 0 à 88, un score élevé traduisant des symptômes plus marqués). Critères secondaires : anxiété, dépression et qualité de vie liée à la santé.
Résultats clés
- 344 participants randomisés (âge médian 61 ans, 62 % d’hommes) ; le suivi à six mois a été obtenu chez 80 % des survivants.
- Critère principal à six mois : différence de score IES-R de 0,32 (IC95 % -3,38 à 4,02 ; p = 0,87) entre réalité virtuelle précoce et soins habituels, et de -0,82 (IC95 % -4,62 à 2,97 ; p = 0,67) entre réalité virtuelle tardive et soins habituels.
- Aucune différence entre les groupes sur l’anxiété, la dépression ni la qualité de vie (p ajusté > 0,05 pour chacun de ces critères).
- Les patients ont néanmoins bien noté l’expérience, tant pour la compréhension de leur séjour que pour la satisfaction globale (médiane de 8 sur 10).
Limites
- Une seule séance de vidéo non personnalisée et sans accompagnement thérapeutique : le résultat ne s’étend pas aux programmes répétés, guidés ou adaptés au patient.
- Les patients étaient inclus sans sélection sur le risque psychique : un bénéfice chez les patients les plus symptômatiques ne peut pas être exclu.
- Suivi disponible chez huit survivants sur dix à six mois, ce qui laisse une part d’incertitude sur les patients perdus de vue.
- Les patients ne pouvaient pas être en aveugle, alors que les critères reposent sur des questionnaires déclaratifs.