PAUSE AR
Anesthésie-réanimation pédiatrique · Méta-analyse

Impact of preoperative fasting duration on perioperative complications in elective paediatric procedures: a systematic review and meta-analysis

Un jeûne préopératoire court ne majore pas le résidu gastrique

Br J Anaesth · 27 novembre 2025 · Méta-analyse de 8 essais randomisés, 1 234 enfants

Les enfants opérés sous anesthésie générale suivent le plus souvent un jeûne standardisé de deux heures pour les liquides clairs, durée qui s’allonge considérablement dans la pratique réelle. Cette méta-analyse de huit essais randomisés ne retrouve aucune différence de volume résiduel gastrique ni de pH gastrique entre un jeûne raccourci et un jeûne prolongé, et les enfants du groupe jeûne court éprouvaient autant ou moins de nausées et vomissements postopératoires, de soif et de faim. La synthèse conclut qu’un jeûne d’une heure pour les liquides clairs ne s’accompagne pas d’un sur-risque d’inhalation démontrable, tout en appelant à de nouveaux essais.

Résultat principalVolume résiduel gastrique, différence moyenne standardisée : −0,05 ; IC95 % −0,17 à 0,07 · pH gastrique : −0,11 ; IC95 % −0,31 à 0,09, entre jeûne court et jeûne prolongé
En pratiqueces données appuient les politiques de jeûne libéral pour les liquides clairs en chirurgie réglée pédiatrique, où la consigne des deux heures aboutit souvent à des jeûnes réels bien plus longs et mal tolérés. Elles ne démontrent pas pour autant l’innocuité d’un jeûne d’une heure : l’inhalation est trop rare pour qu’un tel effectif puisse trancher, et les critères mesurés ne sont qu’intermédiaires. L’assouplissement reste raisonnable chez l’enfant programmé sans facteur de risque, et ne concerne pas les situations d’urgence.

Question clinique

Chez l’enfant opéré en chirurgie réglée, raccourcir la durée de jeûne préopératoire expose-t-il à davantage de complications, en premier lieu à l’inhalation de liquide gastrique ?

Méthode

Revue systématique et méta-analyse (protocole PROSPERO CRD42024577954) des essais randomisés comparant un jeûne préopératoire plus court à un jeûne plus long chez l’enfant. Interrogation de MEDLINE, Embase, Web of Science, CINAHL et Cochrane CENTRAL depuis leur création jusqu’au 22 août 2024. Le risque de biais a été évalué avec l’outil de la collaboration Cochrane, et les résultats ont été regroupés sous forme de différences moyennes standardisées. Huit études totalisant 1 234 patients ont été retenues.

Résultats clés

  • Volume résiduel gastrique : différence moyenne standardisée −0,05 ; IC95 % −0,17 à 0,07, soit aucune différence entre jeûne court et jeûne prolongé.
  • pH gastrique : différence moyenne standardisée −0,11 ; IC95 % −0,31 à 0,09, sans différence non plus.
  • Les groupes à jeûne raccourci présentaient des nausées et vomissements postopératoires, une soif et une faim équivalents ou moindres.
  • Aucun sur-risque d’inhalation n’a été mis en évidence avec un jeûne d’une heure pour les liquides clairs.

Limites

  • Huit essais et 1 234 enfants : l’effectif est très loin de ce qu’il faudrait pour détecter une variation du risque d’inhalation, événement rare. L’absence de sur-risque observée ne démontre donc pas l’absence de sur-risque.
  • Les critères regroupés sont des critères intermédiaires : volume résiduel gastrique et pH gastrique ne prédisent qu’imparfaitement la survenue d’une inhalation.
  • Les durées de jeûne comparées et les populations varient d’un essai à l’autre, ce qui limite la portée d’un résultat regroupé sous forme de différence moyenne standardisée.
  • Les enfants inclus relevaient de chirurgie réglée : rien ne peut être transposé à l’urgence, à l’estomac plein ni aux situations à risque d’inhalation.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.