Improving Recovery and Outcomes Every Day After the ICU (IMPROVE): A Randomized Controlled Trial
Après réanimation, l’entraînement cognitif en ligne n’apporte aucun bénéfice
Cet essai randomisé à quatre bras a évalué un programme de douze semaines suivi sur internet, associant entraînement cognitif et exercice physique, chez 153 patients de 50 ans ou plus ayant présenté un délirium, complet ou incomplet, pendant leur séjour en réanimation. Aucune amélioration des performances cognitives n’a été observée à trois ni à six mois, ni d’ailleurs sur la qualité de vie, la dépression ou l’anxiété. Les patients ayant reçu l’entraînement cognitif seul ont même vu leurs scores baisser légèrement par rapport au groupe témoin.
Question clinique
Chez les patients ayant présenté un délirium en réanimation, un programme à distance associant entraînement cognitif et exercice physique améliore-t-il les performances cognitives à trois et six mois ?
Méthode
Essai randomisé prospectif multicentrique à quatre bras, mené dans quatre réanimations de statuts différents (universitaire, public, de proximité). Les patients inclus avaient 50 ans ou plus et avaient présenté au moins un épisode de délirium ou de délirium incomplet pendant leur séjour. Le programme, suivi sur internet pendant douze semaines, combinait deux composantes, chacune avec son propre comparateur : exercice physique ou étirements d’une part, entraînement cognitif ou activité cognitive témoin d’autre part. Les quatre groupes étaient donc : exercice et entraînement cognitif (41 patients), exercice seul (41), entraînement cognitif seul (36), et aucune des deux composantes actives (35). Critère principal : la fonction cognitive à trois et six mois après le début du programme, mesurée par la batterie RBANS (Repeatable Battery for the Assessment of Neuropsychological Status), exprimée en score z ; une variation de 0,5 à 0,6 est considérée comme cliniquement pertinente.
Résultats clés
- Les quatre groupes diffèrent sur l’évolution du score z RBANS (terme d’interaction p = 0,012), mais dans un sens défavorable aux composantes actives. Les scores z moyens s’étalent de -2,66 à +1,43.
- Groupe entraînement cognitif seul par rapport au groupe sans composante active : variation moyenne estimée depuis l’inclusion de -0,28 (IC95 % -0,53 à -0,02 ; p = 0,035) à trois mois et de -0,29 (IC95 % -0,53 à -0,04 ; p = 0,021) à six mois.
- Groupe exercice seul par rapport au même groupe de référence : variation de -0,26 (IC95 % -0,49 à -0,02 ; p = 0,035) à six mois.
- Aucune différence entre les groupes, à aucun temps de mesure, sur la qualité de vie physique ou mentale, la dépression et l’anxiété.
Limites
- Effectif modeste (153 patients répartis en quatre groupes) : les comparaisons deux à deux reposent sur des effectifs de l’ordre de trente-cinq à quarante patients.
- Les écarts observés restent inférieurs à la variation de 0,5 à 0,6 point considérée comme cliniquement pertinente : leur portée pour le patient est incertaine.
- L’essai ne dit rien de l’assiduité réelle au programme ni des raisons de la baisse observée sous entraînement cognitif, qui peut aussi tenir au hasard des comparaisons multiples.
- Programme entièrement délivré par internet et sans encadrement présentiel : le résultat ne vaut pas pour une rééducation cognitive conduite par un professionnel.