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Ventilation, SDRA & oxygénation · Essai randomisé · SESAR

Inhaled Sedation in Acute Respiratory Distress Syndrome: The SESAR Randomized Clinical Trial

Dans le SDRA, le sévoflurane inhalé réduit la survie

JAMA · 13 mai 2025 · Essai de phase 3, 687 patients, 37 réanimations

Chez 687 adultes ventilés pour un SDRA précoce modéré à sévère, la sédation inhalée par sévoflurane a été comparée à la sédation intraveineuse par propofol, pendant sept jours au plus. Les patients sédatés au sévoflurane ont eu moins de jours vivant sans ventilation mécanique à J28 (différence médiane de −2,1 jours ; IC95 % −3,6 à −0,7) et une survie à 90 jours plus basse (47,1 % contre 55,7 % ; HR de décès 1,31 ; IC95 % 1,05–1,62). L’essai ne soutient donc pas la sédation inhalée comme stratégie de première intention dans cette population.

Résultat principalJours vivant sans ventilation mécanique à J28 : différence médiane de −2,1 jours (IC95 % −3,6 à −0,7) · survie à 90 jours : 47,1 % sous sévoflurane contre 55,7 % sous propofol (HR de décès 1,31 ; IC95 % 1,05–1,62)
En pratiquechez un patient ventilé pour un SDRA modéré à sévère, cet essai ne plaide pas pour remplacer le propofol par le sévoflurane inhalé : les jours vivant sans ventilation sont moins nombreux et la survie à 90 jours plus basse. La sédation inhalée ne peut plus être proposée comme stratégie de première intention dans cette situation. Les autres usages de la sédation inhalée, en dehors du SDRA constitué, ne sont pas tranchés par cet essai.

Question clinique

Chez un patient ventilé pour un SDRA modéré à sévère, la sédation inhalée par sévoflurane améliore-t-elle le devenir par rapport à la sédation intraveineuse par propofol ?

Méthode

Essai de phase 3, randomisé, ouvert, avec évaluation des critères en aveugle, conduit de mai 2020 à octobre 2023 dans 37 réanimations, avec un suivi de 90 jours. Ont été inclus 687 adultes (âge moyen 65 ans, écart-type 12 ; 30 % de femmes) présentant un SDRA précoce modéré à sévère, défini par un rapport PaO2/FiO2 inférieur à 150 mmHg sous une pression expiratoire positive de 8 cmH2O. La sédation a reposé sur le sévoflurane inhalé chez 346 patients et sur le propofol intraveineux chez 341, pendant sept jours au plus. Critère principal : nombre de jours vivant sans ventilation mécanique à J28. Critère secondaire principal : survie à 90 jours.

Résultats clés

  • Critère principal : jours vivant sans ventilation mécanique à J28 : différence médiane de −2,1 jours (IC95 % −3,6 à −0,7) en défaveur du sévoflurane ; rapport de risque standardisé 0,76 (IC95 % 0,50–0,97). La médiane est de 0,0 jour dans les deux groupes (écart interquartile 0,0–11,9 sous sévoflurane et 0,0–18,7 sous propofol).
  • Survie à 90 jours : 47,1 % sous sévoflurane contre 55,7 % sous propofol (HR de décès 1,31 ; IC95 % 1,05–1,62).
  • Parmi les critères secondaires, mortalité à J7 plus élevée sous sévoflurane : 19,4 % contre 13,5 % (risque relatif 1,44 ; IC95 % 1,02–2,03).
  • Jours vivant hors réanimation à J28 moins nombreux sous sévoflurane : différence médiane de −2,5 jours (IC95 % −3,7 à −1,4).
  • La durée totale de sédation a été identique dans les deux groupes : 7 jours en médiane (écart interquartile 4–7).

Limites

  • Essai ouvert : la voie d’administration de la sédation ne peut pas être masquée aux soignants, même si les critères ont été évalués en aveugle.
  • Le critère principal vaut 0,0 jour en médiane dans les deux groupes : la différence porte sur l’ensemble de la distribution, ce qui la rend moins parlante au lit du malade.
  • Le mécanisme du surcroît de mortalité précoce observé sous sévoflurane n’est pas établi par l’essai.
  • La population se limite au SDRA précoce modéré à sévère : rien n’est dit des autres usages de la sédation inhalée, notamment de courte durée.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.