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Arrêt cardiaque, urgences & pré-hospitalier · Méta-analyse

Intraosseous versus intravenous vascular access in out-of-hospital cardiac arrest: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials

La voie intraosseuse s’obtient plus vite sans améliorer la survie

Crit Care · 19 mars 2025 · Méta-analyse de 4 essais randomisés, 9 475 patients

Cette revue systématique rassemble les quatre essais randomisés qui ont comparé, chez l’adulte en arrêt cardiaque extrahospitalier, un premier abord vasculaire intraosseux à un premier abord intraveineux. L’abord intraosseux réussit bien plus souvent du premier coup et s’obtient un peu plus vite, mais la survie et le pronostic neurologique ne diffèrent pas entre les deux stratégies. La reprise d’activité circulatoire soutenue était numériquement plus basse avec l’abord intraosseux, sans que la différence atteigne le seuil de signification.

Résultat principalSurvie : 6,6 % avec l’abord intraosseux contre 6,9 % avec l’abord intraveineux (OR 0,99 ; IC95 % 0,84–1,18) · réussite au premier essai : 92,3 % contre 62,3 %
En pratiquel’abord intraosseux s’obtient plus souvent du premier coup et un peu plus vite, ce qui en fait une option légitime d’emblée quand les veines sont difficiles ou l’accès au patient limité. Ce gain technique ne se traduit toutefois par aucun bénéfice de survie ni de pronostic neurologique, et il n’y a pas lieu d’abandonner la voie veineuse périphérique lorsqu’elle est rapidement accessible. Le choix relève donc des conditions de terrain et de l’expérience de l’équipe.

Question clinique

Pendant la réanimation d’un arrêt cardiaque extrahospitalier, la voie intraosseuse et la voie intraveineuse périphérique donnent-elles les mêmes résultats, tant pour l’obtention de l’abord que pour le devenir du patient ?

Méthode

Revue systématique avec méta-analyse des essais randomisés comparant, chez l’adulte en arrêt cardiaque extrahospitalier, un premier abord intraosseux à un premier abord intraveineux. Quatre essais totalisant 9 475 patients ont été retenus. Le critère de jugement principal était la survie, à 30 jours ou jusqu’à la sortie selon les essais ; les critères secondaires comprenaient la reprise d’activité circulatoire soutenue, le pronostic neurologique favorable, la réussite de l’abord au premier essai et le délai entre l’arrivée de l’équipe et l’obtention de l’abord. Les résultats ont été regroupés sous forme d’odds ratios (OR) et de différences de moyennes.

Résultats clés

  • Survie : 6,6 % avec l’abord intraosseux contre 6,9 % avec l’abord intraveineux (OR 0,99 ; IC95 % 0,84–1,18).
  • Pronostic neurologique favorable : 4,7 % contre 4,6 % (OR 1,07 ; IC95 % 0,88–1,30).
  • Reprise d’activité circulatoire soutenue : 24,6 % contre 27,0 % (OR 0,92 ; IC95 % 0,80–1,06), écart non significatif.
  • Obtention de l’abord : réussite au premier essai 92,3 % contre 62,3 % (OR 6,18 ; IC95 % 3,50–10,91), et délai raccourci d’environ 15 secondes en faveur de l’intraosseux (différence de moyennes −0,25 minute ; IC95 % −0,48 à −0,01).

Limites

  • Quatre essais seulement, dont le critère de survie recouvre des définitions un peu différentes (30 jours ou sortie de l’hôpital).
  • La reprise d’activité circulatoire soutenue reste numériquement plus basse avec l’abord intraosseux et l’intervalle de confiance monte jusqu’à 1,06 : un léger désavantage ne peut être formellement écarté.
  • Les essais comparaient des stratégies de premier abord et non les techniques prises isolément : une partie des patients recevait secondairement l’autre voie, ce qui rapproche les groupes.
  • Le gain de temps, environ un quart de minute, est modeste au regard de la variabilité des situations préhospitalières.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.