Long-term functional outcome and quality of life 5-8 years after out of hospital cardiac arrest
Des années après l’arrêt, fatigue et troubles du sommeil persistent
Cette sous-étude a recontacté, 5 à 8 ans après leur arrêt cardiaque extrahospitalier, les survivants de l’essai multicentrique TTH48 consacré au contrôle ciblé de la température, ainsi que leurs proches. La quasi-totalité des survivants interrogés gardait un bon pronostic neurologique et une qualité de vie comparable à celle de la population générale. Les plaintes durables restaient toutefois fréquentes : fatigue chez près d’un survivant sur deux, troubles du sommeil chez un quart, et déclin cognitif signalé par plus d’un proche sur deux.
Question clinique
Que deviennent, plusieurs années après leur arrêt cardiaque extrahospitalier, les patients qui ont survécu ? Quelles plaintes persistent, quelle est leur qualité de vie, et quels facteurs sont associés à un devenir moins favorable ?
Méthode
Sous-étude de suivi à long terme de l’essai randomisé multicentrique TTH48, consacré au contrôle ciblé de la température après arrêt cardiaque extrahospitalier. Les survivants des centres participants ont été recontactés 5 à 8 ans après l’arrêt. La survie a été relevée dans les registres médicaux ; des entretiens téléphoniques ont recueilli le devenir fonctionnel et la qualité de vie, complétés par des questionnaires explorant chez les patients et chez leurs proches l’anxiété, la dépression, l’état de stress post-traumatique, le sommeil, la fatigue, le déclin cognitif et la participation à la vie quotidienne. 279 patients ont été inclus dans les centres participants.
Résultats clés
- Survie : 161 des 279 patients (58 %) étaient encore en vie au moment du suivi.
- Parmi les survivants ayant participé, 97,8 % avaient un bon pronostic fonctionnel (CPC 1 ou 2) et une qualité de vie comparable à celle de la population générale.
- Plaintes des survivants : fatigue 45,5 %, troubles du sommeil 24,5 %, anxiété 5,5 %, état de stress post-traumatique 4,5 %, dépression 2,7 % ; 40,7 % travaillaient à temps plein ou partiel.
- Chez les proches : anxiété 7,0 %, état de stress post-traumatique 3,5 %, dépression 1,2 %, et 52,3 % estimaient que le patient avait subi un déclin cognitif depuis l’arrêt.
- Un délai plus long avant la reprise d’activité circulatoire spontanée et un âge plus élevé étaient associés à un devenir moins favorable, principalement par surmortalité ; le sexe féminin était associé à des plaintes plus marquées. Le bras de traitement de l’essai d’origine n’était pas associé au devenir à distance.
Limites
- Étude descriptive, en dehors de la randomisation d’origine : les facteurs identifiés sont des associations, non des causes.
- Seuls les survivants joignables et acceptant l’entretien ont été analysés, ce qui surestime probablement le bon devenir des personnes les plus atteintes.
- La plupart des résultats reposent sur des questionnaires déclaratifs, pour le patient comme pour le proche, sans évaluation neuropsychologique formelle du déclin cognitif.
- Population issue d’un essai, donc sélectionnée, et de taille limitée : les mesures d’association ne sont pas chiffrées ici.