Mortality effect of albumin fluid resuscitation in adults with septic shock: a systematic review and dual frequentist-bayesian meta-analysis of randomised trials
L’albumine pourrait réduire la mortalité du choc septique
Cette méta-analyse a rassemblé sept essais randomisés, soit 3273 adultes, comparant au cours du choc septique un remplissage vasculaire comportant de l’albumine à un remplissage reposant sur les cristalloïdes. Au terme du suivi le plus long disponible, jusqu’à 90 jours, l’albumine s’accompagne d’une réduction relative de 10 % de la mortalité toutes causes, sans hétérogénéité entre les essais et avec une estimation bayésienne qui va dans le même sens. Le niveau de preuve reste faible, car trois essais seulement recrutaient spécifiquement des patients en choc septique, les autres données provenant de sous-groupes ou de strates extraites.
Question clinique
Chez l’adulte en choc septique, un remplissage vasculaire comportant de l’albumine réduit-il la mortalité par rapport à un remplissage reposant sur les cristalloïdes ?
Méthode
Revue systématique et méta-analyse d’essais randomisés, menée selon une double approche fréquentiste et bayésienne, conforme à la méthode PRISMA et à un protocole enregistré à l’avance. Les bases PubMed, Embase, CENTRAL et Scopus ont été interrogées depuis leur création jusqu’en février 2026. Étaient retenus les essais comparant, chez l’adulte en choc septique, une stratégie de remplissage comportant de l’albumine à une stratégie reposant sur les cristalloïdes. Le critère de jugement principal était la mortalité toutes causes au terme du suivi le plus long disponible, jusqu’à 90 jours. Sept essais ont été inclus, totalisant 3273 patients ; trois d’entre eux recrutaient principalement des patients en choc septique, les données des autres provenant de sous-groupes ou de strates extraites. L’analyse reposait sur des modèles à effets aléatoires, des analyses en sous-groupes et des méthodes bayésiennes.
Résultats clés
- Mortalité toutes causes au terme du suivi le plus long : RR 0,90 ; IC95 % 0,83 à 0,99 ; p = 0,02 ; I² = 0 % (7 essais, 3273 patients) — niveau de preuve faible selon GRADE.
- L’analyse bayésienne, avec l’a priori faiblement informatif retenu comme analyse principale, donne une probabilité a posteriori de réduction de la mortalité de 94,7 %.
- Les analyses en sous-groupes prévues à l’avance, selon la forme d’albumine, la stratégie d’administration et l’albuminémie initiale des essais, ne mettent en évidence aucune modification de l’effet.
Limites
- Le niveau de preuve est jugé faible selon GRADE : les données sont indirectes et imprécises.
- Trois essais seulement recrutaient principalement des patients en choc septique ; pour les autres, les résultats proviennent de sous-groupes ou de strates extraites, ce qui expose à un biais de sélection.
- La borne supérieure de l’intervalle de confiance touche presque la valeur neutre : la réduction de mortalité pourrait être très faible.
- L’analyse ne permet de préciser ni la forme d’albumine, ni la dose, ni le moment d’administration, ni les patients chez qui le bénéfice serait le plus net.
- Une méta-analyse d’essais hétérogènes ne remplace pas un essai conçu pour cette question, que la conclusion de ce travail appelle explicitement.