Neurological outcomes and mortality following hyperoxemia in adult patients with acute brain injury: an updated meta-analysis and meta-regression
Après lésion cérébrale aiguë, l’hyperoxémie s’associe à un pronostic défavorable
Une oxygénation généreuse est fréquente après une lésion cérébrale aiguë, sans que ses conséquences soient établies. Cette méta-analyse rassemble 66 études, presque toutes observationnelles : 24 d’entre elles (16 635 patients) portent sur le devenir neurologique et 35 (98 207 patients) sur la mortalité. L’hyperoxémie artérielle y est associée à un risque accru de mauvais pronostic neurologique (OR non ajusté 1,295 ; IC95 % 1,040–1,616) et de décès (OR 1,13 ; IC95 % 1,002–1,282), avec des intervalles de confiance qui frôlent l’absence d’effet. Les définitions de l’hyperoxémie et du mauvais pronostic variant d’une étude à l’autre, ces résultats invitent à surveiller l’oxygénation sans permettre de fixer un seuil.
Question clinique
Chez l’adulte hospitalisé pour une lésion cérébrale aiguë, une pression artérielle en oxygène élevée est-elle associée à un moins bon devenir neurologique et à une surmortalité ?
Méthode
Revue systématique et méta-analyse menées selon la méthode PRISMA : six bases de données et registres d’essais ont été interrogés depuis leur origine jusqu’au 1er juin 2024. Ont été retenues les études comparant hyperoxémie et absence d’hyperoxémie chez des adultes hospitalisés pour une lésion cérébrale aiguë : traumatisme crânien, suites d’arrêt cardiaque, hémorragie sous-arachnoïdienne, hémorragie intracérébrale, accident vasculaire cérébral ischémique. Le critère principal était le mauvais pronostic neurologique tel que défini par chaque étude, le critère secondaire la mortalité toutes causes. Les odds ratios bruts et ajustés ont été regroupés par un modèle à effets aléatoires, avec des analyses en sous-groupes (diagnostic, moment de la mesure du devenir, seuils d’oxygénation) et une méta-régression destinée à expliquer l’hétérogénéité. Sur 7 849 références non redondantes, 66 études ont été incluses dans la revue.
Résultats clés
- Mauvais pronostic neurologique : OR 1,295 ; IC95 % 1,040–1,616 (24 études, 16 635 patients), l’association étant surtout retrouvée dans les sous-groupes hémorragie sous-arachnoïdienne et accident vasculaire cérébral ischémique.
- Mortalité toutes causes : OR 1,13 ; IC95 % 1,002–1,282 (35 études, 98 207 patients).
- Les deux intervalles de confiance restent très proches de la valeur 1, ce qui correspond à une association faible.
Limites
- Les données regroupées proviennent presque exclusivement d’études observationnelles, un seul essai randomisé figurant parmi elles : il s’agit d’une association, et l’hyperoxémie peut refléter la gravité initiale ou les réglages du respirateur plutôt que la cause du mauvais devenir.
- Le critère principal repose sur des odds ratios non ajustés et sur des définitions du mauvais pronostic propres à chaque étude.
- Le seuil d’hyperoxémie, le moment de la mesure des gaz du sang et la durée d’exposition varient d’une étude à l’autre : aucune valeur de PaO2 ne ressort de ce travail.
- Les diagnostics regroupés ont des mécanismes lésionnels différents et l’hétérogénéité entre études reste importante.