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Sédation, delirium & après-réanimation · Méta-analyse

Open Visiting Policy and Delirium in Adult Patients in ICUs: A Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Clinical Trials

Ouvrir les visites aux proches réduirait le delirium en réanimation

Crit Care Med · 15 octobre 2026 · Méta-analyse de 13 essais randomisés, 3 861 patients

Ouvrir les visites aux proches fait partie des mesures d’organisation proposées pour prévenir le delirium en réanimation : cette méta-analyse rassemble les treize essais randomisés qui ont évalué cette pratique chez l’adulte, soit 3 861 patients. Le delirium, critère principal, était moins fréquent sous visites libres ou souples que sous visites restreintes, et la durée de ventilation invasive à peine plus courte. Sur les infections nosocomiales, comme sur la durée de séjour et la mortalité en réanimation, aucune différence n’a été mise en évidence. Les auteurs jugent eux-mêmes le niveau de preuve faible à très faible et l’hétérogénéité substantielle : l’ampleur de l’effet sur le delirium se lit comme une piste, non comme une estimation fiable.

Résultat principalSurvenue d’un delirium, critère principal : risque relatif 0,48 ; IC95 % 0,29–0,81, niveau de preuve faible · durée de ventilation invasive −0,36 jour (IC95 % −0,46 à −0,26), là encore de niveau de preuve faible · aucune différence mise en évidence sur les infections nosocomiales (risque relatif 1,00 ; IC95 % 0,81–1,23, niveau de preuve faible) ni sur la mortalité en réanimation (risque relatif 0,88 ; IC95 % 0,72–1,08, niveau de preuve très faible)
En pratiquel’ouverture des visites en réanimation va dans le sens d’un delirium moins fréquent, sans qu’un surcroît d’infections nosocomiales ou de mortalité ait été mis en évidence — et c’est peut-être ce second point qui est le plus utile, la crainte infectieuse étant l’un des arguments avancés en faveur des visites restreintes. L’ampleur annoncée sur le delirium, un risque réduit d’un peu plus de moitié, repose sur un niveau de preuve faible et une hétérogénéité substantielle : elle ne doit pas être reprise comme un chiffre. Pour une mesure qui ne coûte aucun médicament, le faisceau suffit à élargir les visites quand l’organisation le permet ; il ne permet ni d’en attendre un bénéfice chiffré, ni d’affirmer que la durée de séjour, les infections et la mortalité restent inchangées.

Question clinique

Chez l’adulte admis en réanimation, une politique de visites libres ou souples réduit-elle la survenue d’un delirium par rapport à des visites restreintes ? Et avec quelles conséquences sur la ventilation, les infections et la mortalité ?

Méthode

Revue systématique avec méta-analyse d’essais randomisés. Les auteurs ont interrogé MEDLINE, Embase, Scopus, Web of Science, CINAHL et le registre Cochrane des essais contrôlés, depuis l’origine de chaque base jusqu’au 21 novembre 2025. Étaient retenus les essais randomisés comparant une politique de visites libres ou souples à une politique restreinte ou traditionnelle, chez l’adulte de réanimation. Le critère principal était la survenue d’un delirium. Les critères secondaires comprenaient la durée de ventilation mécanique invasive, la durée de séjour en réanimation, les infections nosocomiales et la mortalité en réanimation. Les données ont été réunies par des modèles à effets aléatoires, et le niveau de preuve a été apprécié pour chaque critère.

Résultats clés

  • Treize essais randomisés ont été réunis, totalisant 3 861 patients adultes de réanimation.
  • Sur le critère principal, le delirium a été moins fréquent sous visites libres ou souples : risque relatif 0,48 ; IC95 % 0,29–0,81. Les auteurs jugent ce résultat de niveau de preuve faible.
  • La durée de ventilation mécanique invasive était un peu plus courte : différence moyenne −0,36 jour (IC95 % −0,46 à −0,26), soit quelques heures en ordre de grandeur, là encore de niveau de preuve faible.
  • Aucune différence n’a été mise en évidence sur la durée de séjour en réanimation. L’estimation ponctuelle, une différence moyenne de 4,21 jours, va dans le sens d’un séjour plus long sous visites libres, mais l’intervalle de confiance s’étend de −4,65 à 13,07 jours et le niveau de preuve est très faible : cet intervalle n’exclut rien.
  • Aucune différence n’a été mise en évidence non plus sur les infections nosocomiales (risque relatif 1,00 ; IC95 % 0,81–1,23, niveau de preuve faible) ni sur la mortalité en réanimation (risque relatif 0,88 ; IC95 % 0,72–1,08, niveau de preuve très faible).

Limites

  • Les auteurs jugent le niveau de preuve faible pour le delirium, la ventilation et les infections, très faible pour la durée de séjour et la mortalité, et l’hétérogénéité substantielle : ces estimations sont des pistes, non des mesures.
  • Une réduction relative de plus de moitié du delirium, obtenue par une mesure d’organisation, est un effet de grande ampleur, auquel les auteurs n’accordent pourtant qu’un niveau de preuve faible : l’intervalle de confiance, de 0,29 à 0,81, reste large et le résultat demande confirmation.
  • Une politique de visites ne peut pas être appliquée en aveugle : les équipes qui recherchent le delirium savent quel régime de visites est en cours, et ce critère se recueille par une évaluation au lit du malade.
  • Ce que recouvrent les visites « libres ou souples » varie d’un essai à l’autre, et il en va de même des visites « restreintes ou traditionnelles » auxquelles elles sont comparées : la méta-analyse réunit des organisations de visite qui peuvent différer sensiblement, ce qui concourt à l’hétérogénéité signalée.
  • Le gain sur la durée de ventilation, de l’ordre de quelques heures, a un intervalle de confiance qui exclut l’absence d’effet, mais sa portée clinique reste limitée s’il est pris isolément.
  • Les critères évalués ne disent rien de la charge que ces politiques font peser sur les équipes et sur les proches, ni des conditions d’organisation qui les rendent possibles.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.