Organisation de la prise en charge des urgences vitales intra-hospitalières
Sept sociétés structurent la réponse aux urgences vitales hospitalières
Sept sociétés publient un référentiel commun sur l’organisation de la prise en charge des urgences vitales intra-hospitalières. Les objectifs annoncés sont d’harmoniser les pratiques, de structurer la réponse et de renforcer la coordination des équipes. Le texte est organisé en quatre champs, du déclenchement de la filière aux spécificités organisationnelles. Les experts ont délibérément limité le nombre de recommandations et écarté les règles de bonne pratique qu’ils considèrent comme connues. Trente-six recommandations ont été adoptées, toutes à accord fort ; aucune recommandation de niveau de preuve élevé n’est rapportée.
Question clinique
Comment organiser, dans un établissement de santé, la réponse à une urgence vitale survenant chez un patient hospitalisé : déclenchement de la filière, moyens matériels et humains, suivi et fonctionnement, spécificités organisationnelles ?
Méthode
Le référentiel est daté du 3 septembre 2026 et a été mis en ligne le 21 septembre 2026. Il s’agit de recommandations formalisées d’experts, réunis par trois sociétés : la Société française d’anesthésie et de réanimation (SFAR), la Société française de médecine d’urgence (SFMU) et la Société de réanimation de langue française (SRLF). Quatre autres sociétés y étaient représentées : le Collège d’anesthésie-réanimation en obstétrique (CARO), l’Association des anesthésistes-réanimateurs pédiatriques d’expression française (ADARPEF), le Groupe francophone de réanimation et urgences pédiatriques (GFRUP) et la Société française de pharmacie clinique (SFPC). Chaque expert a déclaré ses liens d’intérêt avant l’analyse. Les questions ont été formulées au format PICO (population, intervention, comparaison, critère de jugement). Quatre champs ont été définis : mise en place et procédure de déclenchement de la filière ; conditions matérielles et ressources humaines ; modalités de suivi et fonctionnement ; spécificités organisationnelles. La recherche bibliographique a porté sur les quinze dernières années, à partir de mots-clés prédéfinis et selon les recommandations PRISMA. La qualité des données et la formulation des recommandations suivent la méthode GRADE, et tous les experts ont voté selon la grille GRADE.
Résultats clés
- Au total, 36 recommandations ont été retenues, après 2 tours de vote et plusieurs amendements.
- Toutes ont recueilli un accord fort.
- Le niveau de preuve n’est précisé que pour 32 des 36 recommandations : 4 de niveau faible (GRADE 2) et 28 avis d’experts. La catégorie des quatre autres recommandations n’est pas indiquée, et aucune recommandation de niveau de preuve élevé n’est rapportée.
- Pour 4 questions, en revanche, aucune recommandation n’a pu être formulée.
- Deux aides cognitives accompagnent le texte, l’une pour l’adulte, l’autre pour l’enfant.
Limites
- Vingt-huit des trente-six recommandations sont des avis d’experts, et aucune recommandation de niveau de preuve élevé n’est rapportée : le niveau de preuve global est faible.
- La répartition publiée ne couvre que trente-deux des trente-six recommandations : quatre d’entre elles ne sont rattachées à aucune catégorie de niveau de preuve. Ces quatre-là sont bien des recommandations formulées, à ne pas confondre avec les quatre questions restées sans recommandation.
- Un accord fort entre experts mesure leur convergence, pas la solidité des preuves : les trente-six l’ont obtenu, alors qu’aucun niveau de preuve élevé n’est rapporté.
- Les règles de bonne pratique que les experts considèrent comme universellement connues ont été volontairement écartées : le texte ne se lit donc pas comme un manuel complet de la prise en charge.
- Le détail de chaque recommandation ne figure que dans le texte complet : cette fiche en donne la portée, pas la conduite à tenir.