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Anesthésie-réanimation pédiatrique · Essai randomisé

Oxygen Supplementation in Pediatric Sedation: Prospective, Multicenter, Randomized Controlled Trial

Un peu d’oxygène nasal prévient l’hypoxémie de la sédation pédiatrique

Anesthesiology · 11 avril 2025 · Essai randomisé multicentrique à trois bras, 250 enfants sous sédation

Chez l’enfant sédaté pour un acte diagnostique ou thérapeutique, administrer de l’oxygène par voie nasale, à bas débit comme à haut débit, a fortement réduit la survenue d’une hypoxémie par rapport à l’absence d’oxygène. Les manœuvres de sauvetage respiratoire ont suivi la même hiérarchie. L’oxygène à haut débit n’a pas fait significativement mieux que le bas débit, ce qui plaide pour le dispositif le plus simple.

Résultat principalHypoxémie pendant la sédation : 27,6 % sans oxygène, 7,2 % sous oxygène à bas débit et 1,2 % sous oxygène à haut débit (p < 0,001)
En pratiqueadministrer de l’oxygène de principe pendant une sédation modérée à profonde de l’enfant divise par plus de trois le risque d’hypoxémie et réduit nettement les manœuvres de sauvetage. De simples lunettes nasales à bas débit suffisent le plus souvent : le haut débit n’a pas montré de supériorité significative, pour un dispositif plus coûteux et moins largement disponible. L’oxygène ne dispense pas de la surveillance de la ventilation, qu’il peut masquer à l’oxymétrie de pouls.

Question clinique

L’enfant sédaté pour un acte est exposé à l’hypoxémie du fait de ses particularités anatomiques et physiologiques, mais les modalités d’oxygénation restent mal codifiées. Faut-il administrer de l’oxygène de principe pendant une sédation modérée à profonde, et le haut débit nasal apporte-t-il quelque chose de plus que les lunettes à bas débit ?

Méthode

Essai randomisé prospectif et multicentrique chez des enfants de moins de 18 ans devant recevoir une sédation modérée à profonde pour un acte diagnostique ou thérapeutique. Trois groupes : sans oxygène, oxygène à bas débit par lunettes nasales (2 à 6 L/min), ou oxygène nasal à haut débit (2 L/kg, fraction inspirée en oxygène de 50 %). Critère de jugement principal : survenue d’une hypoxémie, définie par une saturation pulsée en oxygène inférieure ou égale à 95 % pendant plus de cinq secondes. Critères secondaires : saturation inférieure à 90 %, manœuvres de sauvetage et complications liées à la sédation. Comparaisons par régression logistique. Sur 253 enfants randomisés, 250 ont terminé l’étude.

Résultats clés

  • Hypoxémie : 27,6 % des enfants sans oxygène, 7,2 % sous bas débit et 1,2 % sous haut débit (p < 0,001).
  • Par rapport à l’absence d’oxygène : OR 0,184 (IC95 % 0,067–0,503 ; p = 0,001) sous bas débit et OR 0,026 (IC95 % 0,003–0,207 ; p < 0,001) sous haut débit.
  • Le haut débit n’a pas fait significativement mieux que le bas débit : OR 0,143 (IC95 % 0,017–1,245 ; p = 0,078).
  • Manœuvres de sauvetage : 52,9 % des enfants sans oxygène, contre 10,8 % sous bas débit et 3,6 % sous haut débit (p < 0,001). Les complications liées à la sédation, désaturations et apnées, étaient également moins fréquentes sous oxygène (p < 0,001).

Limites

  • Effectif de 250 enfants réparti en trois groupes : la comparaison entre haut et bas débit manque de puissance, comme le montre un intervalle de confiance allant de 0,017 à 1,245.
  • Le critère principal, une saturation inférieure ou égale à 95 % pendant plus de cinq secondes, est un seuil très sensible dont la portée clinique est limitée.
  • Essai ouvert, sans aveugle possible sur le dispositif d’oxygénation : la décision d’une manœuvre de sauvetage pouvait s’en trouver influencée.
  • L’apport d’oxygène peut retarder la détection d’une hypoventilation par l’oxymétrie de pouls, ce que cet essai n’évalue pas en l’absence de capnographie rapportée.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.