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Anesthésie-réanimation pédiatrique · Essai randomisé

Paravertebral analgesia versus wound infiltration in children recovering from cardiac surgery: a randomized controlled trial

Le bloc paravertébral épargne les morphiniques après thoracotomie pédiatrique

Reg Anesth Pain Med · 5 mai 2026 · Essai randomisé en double aveugle, monocentrique, 100 enfants

L’analgésie optimale après thoracotomie reste mal établie chez l’enfant, entre un bloc paravertébral techniquement exigeant et une simple infiltration pariétale d’anesthésique local. Cet essai randomisé en double aveugle a comparé les deux techniques chez 100 enfants de 6 à 14 ans opérés d’une communication interauriculaire ou interventriculaire par thoracotomie sous circulation extracorporelle. La consommation de sufentanil sur les 24 premières heures était deux fois moindre après bloc paravertébral, et les scores de douleur étaient plus bas à tous les temps de mesure, l’écart étant le plus net à la sixième heure. La durée de ventilation postopératoire, le séjour en réanimation et la durée d’hospitalisation étaient en revanche comparables.

Résultat principalSufentanil sur les 24 premières heures : 0,3 ± 0,4 µg/kg après bloc paravertébral contre 0,6 ± 0,5 µg/kg après infiltration ; p = 0,002 · douleur à la 6e heure : 1,7 ± 2,2 contre 3,3 ± 2,2 ; p < 0,001
En pratiquechez l’enfant d’âge scolaire opéré d’une cardiopathie simple par thoracotomie, le bloc paravertébral améliore l’analgésie de la première journée et divise par deux la consommation de sufentanil, au prix d’un geste plus technique que l’infiltration. Le bénéfice s’arrête là : ni la durée de ventilation, ni le séjour en réanimation, ni les nausées et vomissements ne sont modifiés. L’argument vaut donc pour le confort et l’épargne morphinique, et il reste à confirmer hors de ce cadre étroit et d’un centre unique.

Question clinique

Chez l’enfant opéré du cœur par thoracotomie, le bloc paravertébral postopératoire procure-t-il une meilleure analgésie que l’infiltration pariétale d’anesthésique local ?

Méthode

Essai randomisé monocentrique en double aveugle. Étaient recrutés des enfants de 6 à 14 ans porteurs d’une communication interauriculaire ou interventriculaire, opérés sous circulation extracorporelle par thoracotomie. Cent patients ont été inclus et tirés au sort entre bloc paravertébral postopératoire (n = 50) et infiltration pariétale d’anesthésique local (n = 50). Étaient relevés la consommation de morphinique sur les 24 premières heures, les scores de douleur toutes les six heures, ainsi que les complications, dont les nausées et vomissements postopératoires et l’insuffisance respiratoire. La douleur était cotée par l’échelle des visages révisée (Faces Pain Scale-Revised).

Résultats clés

  • Cent enfants analysés, d’âge moyen 7 ans, 43 % de garçons. Le seul morphinique employé après l’intervention était le sufentanil.
  • Consommation totale de sufentanil sur les 24 premières heures : 0,3 ± 0,4 µg/kg après bloc paravertébral contre 0,6 ± 0,5 µg/kg après infiltration ; p = 0,002.
  • Scores de douleur constamment plus bas dans le groupe bloc paravertébral à la 6e, la 12e, la 18e et la 24e heure, avec l’écart le plus marqué à la 6e heure : 1,7 ± 2,2 contre 3,3 ± 2,2 ; p < 0,001.
  • Durée de ventilation mécanique postopératoire, séjour en réanimation, durée d’hospitalisation et fréquence des nausées et vomissements postopératoires : comparables entre les deux groupes.

Limites

  • Essai monocentrique de 100 patients : la puissance suffit pour un critère de consommation de morphinique, pas pour les complications.
  • Population très sélectionnée : enfants de 6 à 14 ans opérés d’une cardiopathie simple par thoracotomie. Les résultats ne se transposent ni au nourrisson, ni à la sternotomie, ni aux cardiopathies complexes.
  • La consommation de morphinique et les scores de douleur sont des critères intermédiaires ; l’économie de sufentanil, de l’ordre de 0,3 µg/kg sur 24 heures, ne s’est traduite par aucune différence de durée de ventilation ni de séjour.
  • Aucun bénéfice sur la récupération n’est démontré, comme le reconnaît l’essai lui-même.
  • Les écarts-types des scores de douleur sont proches ou supérieurs aux moyennes, ce qui traduit une dispersion importante des réponses individuelles.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.