Prehospital resuscitative endovascular balloon occlusion of the aorta in non-traumatic out-of-hospital cardiac arrest (REBOARREST): an international, multicentre, open label, pragmatic, randomised, controlled trial
L’occlusion aortique préhospitalière n’augmente pas la reprise d’activité circulatoire
Occlure l’aorte thoracique par un ballon endovasculaire pendant la réanimation pourrait élever la pression en amont du ballon et améliorer ainsi la perfusion coronaire. Cet essai a comparé, chez l’adulte en arrêt cardiaque extrahospitalier non traumatique, la réanimation spécialisée seule à la même réanimation complétée par cette occlusion aortique. La reprise d’activité circulatoire soutenue a été obtenue chez 28 % des patients du groupe occlusion et 26 % du groupe témoin, sans différence significative ; la technique s’est en revanche montrée réalisable en préhospitalier.
Question clinique
Chez l’adulte en arrêt cardiaque extrahospitalier d’origine non traumatique, l’occlusion endovasculaire de l’aorte par ballon (REBOA), ajoutée à la réanimation spécialisée, augmente-t-elle le taux de reprise d’activité circulatoire soutenue ?
Méthode
Essai pragmatique, randomisé, en ouvert, en groupes parallèles, conduit dans 12 structures préhospitalières de trois pays européens. Les adultes de 18 à 80 ans en arrêt cardiaque extrahospitalier non traumatique étaient tirés au sort 1:1 entre réanimation spécialisée seule et réanimation spécialisée complétée par une occlusion aortique par ballon. L’admissibilité était appréciée par le médecin présent sur les lieux et l’attribution se faisait par enveloppes scellées ; le statisticien était en insu du groupe. Le critère de jugement principal était la reprise d’activité circulatoire soutenue, définie comme durant au moins 20 minutes, analysée en intention de traiter. Inclusions de juin 2021 à juin 2025.
Résultats clés
- 200 patients tirés au sort, 21 retirés faute de consentement : 179 analysés, 88 dans le groupe occlusion aortique et 91 dans le groupe témoin. Âge médian 68 ans (intervalle interquartile 58–74), 76 % d’hommes.
- Critère principal : reprise d’activité circulatoire soutenue chez 25 des 88 patients (28 %) du groupe occlusion et 24 des 91 patients (26 %) du groupe témoin ; différence de risque ajustée 1,8 % (IC95 % −11 à 15), p = 0,78.
- Faisabilité : la pose a pu être réalisée par une équipe de deux personnes avec un temps de procédure court. Des événements indésirables ont été enregistrés chez 19 patients.
- Le délai médian entre l’arrêt et la randomisation était déjà de 33 minutes (intervalle interquartile 23–39) dans le groupe occlusion et de 29 minutes (23–38) dans le groupe témoin.
Limites
- Effectif modeste : avec 179 patients analysés, l’intervalle de confiance de la différence de risque va de −11 à 15 points, et un effet cliniquement utile n’est pas exclu.
- Le retrait de 21 patients après randomisation, faute de consentement, fragilise l’analyse en intention de traiter.
- Le critère principal est intermédiaire : la reprise d’activité circulatoire ne préjuge pas de la survie ni du pronostic neurologique, qui ne sont pas les critères retenus ici.
- Randomisation tardive, une demi-heure environ après l’arrêt, à un moment où les chances de récupération sont déjà faibles ; l’essai ne dit rien d’une pose plus précoce.