Regional anaesthesia and chronic postsurgical pain: a systematic review and network meta-analysis
L'ALR réduit l'incidence de la douleur chronique postchirurgicale
Cette méta-analyse en réseau rassemble 158 essais randomisés et 18 794 participants pour estimer l'effet de l'anesthésie locorégionale sur la douleur chronique postchirurgicale, c'est-à-dire la douleur qui persiste au-delà de trois mois après l'intervention. Comparée à l'absence de bloc, l'ALR réduit l'incidence de cette douleur, avec un effet encore observé douze mois après la chirurgie, mais la certitude des preuves reste faible. La consommation d'opioïdes au long cours ne diffère pas significativement entre les groupes.
Question clinique
L'anesthésie locorégionale prévient-elle la douleur chronique postchirurgicale et l'usage prolongé d'opioïdes ? Et si oui, quelle technique, à quel moment et par quel mode d'administration ?
Méthode
Revue systématique conforme à PRISMA, avec méta-analyses appariées puis méta-analyse en réseau des essais randomisés évaluant l'ALR dans la prévention de la douleur chronique postchirurgicale, la recherche documentaire ayant été menée jusqu'en octobre 2025. Le réseau compare le type de bloc (périmédullaire ou périphérique), le moment de sa réalisation et son mode d'administration (cathéter ou injection unique). L'influence du type de chirurgie, du risque initial et du sexe a été étudiée par méta-régression. La certitude des preuves a été évaluée par les approches GRADE et CINeMA.
Résultats clés
- 158 essais randomisés et 18 794 participants inclus.
- Critère principal : l'ALR réduit l'incidence de la douleur chronique postchirurgicale par rapport à l'absence de bloc (RR 0,73 ; IC95 % 0,67–0,80), avec des effets observés jusqu'à douze mois après l'intervention. Certitude faible.
- Réductions retrouvées dans plusieurs chirurgies prises séparément : mastectomie (RR 0,69 ; IC95 % 0,59–0,79), thoracotomie (RR 0,72 ; 0,55–0,96), chirurgie thoracique vidéo-assistée (RR 0,73 ; 0,56–0,96) et arthroplastie du genou (RR 0,71 ; 0,52–0,97).
- Consommation d'opioïdes : pas de différence statistiquement significative (RR 0,88 ; IC95 % 0,61–1,28), certitude très faible.
- Dans le réseau, les techniques périmédullaires réduisent la douleur chronique davantage que les techniques périphériques après thoracotomie (RR 0,64 ; IC95 % 0,49–0,83 contre RR 0,84 ; 0,73–0,96, chacune comparée à l'absence de bloc) et après chirurgie thoracique vidéo-assistée (RR 0,60 ; 0,45–0,80 contre RR 0,77 ; 0,63–0,94). Certitude faible à très faible.
- La méta-régression ne montre aucune modification de l'effet selon le type de chirurgie, le sexe ou le risque initial.
Limites
- La certitude des preuves est faible pour le critère principal et très faible pour la consommation d'opioïdes et pour les comparaisons du réseau.
- La définition de la douleur chronique postchirurgicale et les délais de mesure varient d'un essai à l'autre, ce qui pèse sur l'estimation globale.
- Une part des comparaisons entre techniques repose sur des données indirectes, et non sur des essais les ayant confrontées directement.
- Le résumé rapporte des incidences, sans préciser l'intensité de la douleur persistante ni son retentissement fonctionnel.