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Anesthésie locorégionale & douleur · Méta-analyse

Regional anaesthesia modalities for primary total hip arthroplasty: a systematic review and component network meta-analysis

Le bloc PENG associé à l'infiltration préserve la force musculaire

Br J Anaesth · 6 juin 2025 · méta-analyse en réseau, 87 essais randomisés

Quelle technique d’anesthésie locorégionale en injection unique privilégier pour une prothèse totale de hanche de première intention ? Cette méta-analyse en réseau de 87 essais randomisés classe les techniques sur la douleur statique et dynamique à 6 et 12 h et sur la consommation de morphine à 24 h. Les associations de deux techniques arrivent le plus souvent en tête, et le bloc PENG associé à l’infiltration se distingue en préservant la force musculaire, là où les blocs du nerf fémoral, du plexus lombaire et du fascia iliaca s’accompagnent d’un bloc moteur.

Résultat principalDouleur dynamique à 6 h : le bloc PENG associé à l’infiltration locale est classé premier (SUCRA 86,3 %) · morphine à 24 h : bloc du carré des lombes associé au bloc du fascia iliaca en tête (SUCRA 85,5 %), devant le bloc du plexus lombaire avec infiltration (82,2 %)
En pratiquepour une prothèse totale de hanche, associer un bloc à une infiltration locale paraît plus efficace qu’un bloc seul. Le bloc PENG associé à l’infiltration est le compromis le plus favorable quand la rééducation précoce est l’objectif, puisqu’il figure en tête sur la douleur à la mobilisation sans le bloc moteur observé avec les blocs fémoral, lombaire ou fascia iliaca. Ce classement reste indicatif : il ne dit pas de combien la douleur diffère d’une technique à l’autre et ne remplace pas un essai comparatif direct sur la récupération fonctionnelle.

Question clinique

Parmi les techniques d’anesthésie locorégionale en injection unique proposées pour une prothèse totale de hanche, lesquelles offrent la meilleure analgésie sans compromettre la force musculaire ?

Méthode

Revue systématique et méta-analyse en réseau par composantes. PubMed, Embase, Cochrane et Web of Science ont été interrogées depuis leur création jusqu’au 5 mai 2024, pour retenir les essais randomisés comparant entre elles différentes techniques en injection unique. Au total, 87 essais randomisés ont été inclus. Critères principaux : douleur statique et dynamique (échelle visuelle analogique) à 6 et 12 h et consommation totale de morphine à 24 h. Critères complémentaires : effets indésirables liés aux opioïdes, satisfaction, qualité de récupération et force musculaire du membre inférieur. Le classement des techniques est exprimé en SUCRA, surface sous la courbe de classement cumulé : plus la valeur est proche de 100 %, plus la technique est souvent la mieux placée. Protocole enregistré (PROSPERO CRD42024544358).

Résultats clés

  • Douleur statique à 6 h : bloc du nerf fémoral premier (SUCRA 92,8 %), puis bloc du plexus lombaire associé à l’infiltration locale (85,7 %). À 12 h, bloc du plexus lombaire avec infiltration premier (89,2 %), puis bloc du carré des lombes associé au bloc du fascia iliaca (84,8 %).
  • Douleur dynamique : bloc PENG associé à l’infiltration locale premier à 6 h (86,3 %), bloc du plexus lombaire avec infiltration premier à 12 h (83,4 %).
  • Morphine totale à 24 h : bloc du carré des lombes associé au bloc du fascia iliaca premier (85,5 %), devant le bloc du plexus lombaire avec infiltration (82,2 %) et le bloc PENG avec infiltration (76,5 %).
  • À l’analyse qualitative, le bloc du plexus lombaire, le bloc du fascia iliaca et le bloc du nerf fémoral s’accompagnent d’un bloc moteur plus fréquent du quadriceps ou des adducteurs.

Limites

  • Le SUCRA est une probabilité de classement : il dit quelle technique arrive souvent en tête, non l’ampleur de la différence ni sa pertinence clinique. Les différences chiffrées de score de douleur ou de milligrammes de morphine ne sont pas reprises dans le résumé.
  • Le retentissement moteur n’a fait l’objet que d’une analyse qualitative, sans mesure groupée ni données de chute.
  • Seules les techniques en injection unique ont été comparées : ni cathéter périnerveux, ni morphine intrathécale, ni protocole d’analgésie systémique moderne.
  • Les comparaisons reposent en partie sur des liens indirects du réseau, ce qui abaisse d’autant le niveau de certitude.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.