Relative efficacy of exercise prehabilitation interventions and their components: a systematic review and network meta-analysis of randomised controlled trials
L’exercice avant l’opération raccourcit surtout le séjour hospitalier
L’exercice est la forme la plus répandue de préhabilitation, sans que l’on sache quel entraînement proposer ni sur quel critère en attendre un bénéfice. Cette méta-analyse en réseau a réuni 96 essais randomisés et 7 396 patients pour comparer des interventions associant exercice aérobie, renforcement musculaire, exercice respiratoire ou exercices fonctionnels. Sur la durée de séjour, où les auteurs jugent le niveau de preuve modéré, l’association d’un exercice aérobie, respiratoire et fonctionnel arrive au premier rang du classement, avec 3,4 jours de moins ; sur les complications postopératoires et sur la qualité de vie, le classement désigne également une intervention en tête, mais le niveau de preuve n’est que très faible pour les premières et faible pour la seconde. Aucune intervention n’a significativement amélioré la récupération physique.
Question clinique
Chez l’adulte en attente d’une intervention, quelle combinaison d’exercices faut-il proposer avant l’opération, et sur quels critères peut-on en attendre un bénéfice ?
Méthode
Il s’agit d’une revue systématique avec méta-analyse en réseau, conduite selon un protocole enregistré à l’avance. Les auteurs ont interrogé Ovid MEDLINE, Embase, CINAHL, PsycINFO, Web of Science et le registre Cochrane des essais contrôlés, depuis l’origine de chaque base jusqu’au 4 avril 2025, sans restriction de langue. Ont été retenus tous les essais randomisés de préhabilitation comportant au moins une intervention d’exercice — aérobie, renforcement musculaire, respiratoire ou fonctionnel — et rapportant au moins un des critères jugés déterminants : complications postopératoires, durée de séjour, qualité de vie liée à la santé ou récupération physique. Les interventions ont été classées selon leur probabilité d’être la plus bénéfique sur chaque critère. Le niveau de preuve a été apprécié selon une méthode propre aux méta-analyses en réseau.
Résultats clés
- Les auteurs ont examiné 7 660 références, lu 1 480 articles en texte intégral et retenu 96 essais randomisés distincts, totalisant 7 396 patients.
- Sur la durée de séjour, l’association d’un exercice aérobie, respiratoire et fonctionnel arrive au premier rang du classement, avec une différence moyenne de 3,4 jours de moins (IC95 % −5,7 à −1,0). C’est le seul des trois résultats rapportés auquel les auteurs accordent un niveau de preuve modéré.
- Sur les complications postopératoires, la même association arrive au premier rang, avec un rapport de cotes de 0,16 (IC95 % 0,05–0,60), mais les auteurs jugent le niveau de preuve très faible.
- Sur la qualité de vie liée à la santé, c’est l’association d’un exercice aérobie et d’un renforcement musculaire qui arrive au premier rang, avec une différence moyenne standardisée de 0,67 (IC95 % 0,07–1,27), mais les auteurs jugent le niveau de preuve faible.
- Aucune intervention n’a significativement amélioré la récupération physique.
Limites
- Les auteurs estiment que les données réunies sont pour l’essentiel de faible niveau de preuve, et appellent à conduire des essais à faible risque de biais pour les confirmer ou les réfuter.
- Le résultat sur les complications est un rapport de cotes, et non un risque relatif : il divise les cotes et non le risque, et l’écart entre les deux est d’autant plus grand que la complication est fréquente. Son intervalle de confiance s’étend de 0,05 à 0,60, et les auteurs lui accordent un niveau de preuve très faible : une telle ampleur d’effet ne peut pas être reprise comme une estimation du bénéfice attendu.
- Les interventions sont classées selon leur probabilité d’être la plus bénéfique : un premier rang désigne une place dans un classement, pas une supériorité démontrée sur les autres stratégies.
- Comme dans toute méta-analyse en réseau, une partie des comparaisons est indirecte, et les critères d’inclusion ne se limitaient ni à un type de chirurgie ni à un programme d’exercice précis : la comparabilité des essais réunis reste une hypothèse.
- Un programme d’exercice ne peut pas être conduit en aveugle, et la qualité de vie liée à la santé est un critère rapporté par le patient lui-même.
- Le classement porte sur des types d’exercice et sur leurs associations : les résultats rapportés ne permettent de fixer ni la durée, ni l’intensité, ni le délai avant l’opération.