Relative efficacy of prehabilitation interventions and their components: systematic review with network and component network meta-analyses of randomised controlled trials
L’exercice avant l’opération réduirait les complications postopératoires
La préhabilitation rassemble des interventions très diverses avant une chirurgie lourde : exercice, nutrition, entraînement cognitif, soutien psychosocial. Cette méta-analyse en réseau de 186 essais randomisés a comparé ces programmes entre eux, puis décomposé l’apport de chaque composante. L’exercice seul, la nutrition seule et les programmes associant exercice, nutrition et soutien psychosocial sont les plus susceptibles de réduire les complications et la durée de séjour, mais le niveau de certitude est faible à très faible pour la quasi-totalité des comparaisons.
Question clinique
Parmi les programmes de préhabilitation proposés avant une chirurgie majeure, lesquels, et lesquelles de leurs composantes, améliorent réellement les complications, la durée de séjour, la qualité de vie et la récupération physique ?
Méthode
Revue systématique avec méta-analyse en réseau, complétée d’une méta-analyse en réseau par composantes, qui isole l’effet propre de chaque élément d’un programme. Six bases de données interrogées jusqu’en octobre 2023. Essais randomisés incluant des adultes préparés à une chirurgie majeure et comparés aux soins habituels : 186 essais et 15 684 participants. Critères jugés déterminants : complications postopératoires, durée de séjour, qualité de vie liée à la santé et récupération physique. La certitude des résultats a été évaluée par l’approche CINeMA, conçue pour les méta-analyses en réseau.
Résultats clés
- Complications postopératoires, par rapport aux soins habituels : rapport de cotes 0,50 (IC95 % 0,39–0,64) pour l’exercice seul et 0,62 (IC95 % 0,50–0,77) pour la nutrition seule ; l’association exercice, nutrition et soutien psychosocial donne un rapport de cotes de 0,64 (IC95 % 0,45–0,92). Certitude très faible pour ces trois estimations.
- Durée de séjour : réduction moyenne de 2,44 jours (IC95 % 1,04–3,85) avec l’association exercice et soutien psychosocial, de 0,93 jour (IC95 % 0,58–1,27) avec l’exercice seul et de 0,99 jour (IC95 % 0,48–1,49) avec la nutrition seule. L’association exercice et nutrition est, parmi ces estimations, la seule de certitude modérée, avec une réduction moyenne de 1,22 jour dont l’intervalle de confiance franchit l’absence d’effet (IC95 % −2,54 à 0,10).
- Qualité de vie et récupération physique : l’association exercice, nutrition et soutien psychosocial arrive en tête, avec une différence moyenne de 3,48 points sur la composante physique du SF-36 (IC95 % 0,82–6,14) et de 43,43 mètres au test de marche de six minutes (IC95 % 5,96–80,91).
- Dans l’analyse par composantes, l’exercice et la nutrition sont les deux éléments les plus susceptibles d’améliorer l’ensemble des critères déterminants. Leurs résultats restent stables lorsque les essais à risque de biais élevé sont exclus.
Limites
- La certitude des données est globalement faible à très faible, en raison du risque de biais des essais inclus et de l’imprécision des estimations : les effets annoncés peuvent être nettement surestimés.
- Les essais réunis portent sur des chirurgies, des durées de programme et des contenus très hétérogènes, ce qui limite la transposition à un patient donné.
- Des essais multicentriques de puissance suffisante et à faible risque de biais restent nécessaires avant toute conclusion ferme.