PAUSE AR
Sédation, delirium & après-réanimation · Méta-analyse

Remimazolam for procedural sedation: A systematic review with meta-analyses and trial sequential analyses

En sédation procédurale, le rémimazolam s’accompagne de moins de complications

Eur J Anaesthesiol · 4 février 2025 · 63 essais randomisés, 13 953 participants

Cette revue systématique rassemble 63 essais randomisés et 13 953 adultes bénéficiant d’une sédation procédurale, et compare le rémimazolam à un placebo ou à un autre sédatif. Le taux de succès de la sédation est comparable à celui des comparateurs actifs, tandis que les complications respiratoires et cardiovasculaires sont environ deux fois moins fréquentes sous rémimazolam. Les analyses en sous-groupes montrent que cette réduction s’observe face au propofol, et que le succès de la sédation est plus élevé que sous midazolam. Tous les essais inclus étant à risque élevé de biais, le niveau de preuve est jugé très faible à faible et aucune conclusion ferme ne peut être tirée.

Résultat principalSuccès de la sédation comparable aux comparateurs actifs : RR 1,04 ; IC 97,5 % 0,961,14 · complications respiratoires : RR 0,47 ; IC 97,5 % 0,360,61 · complications cardiovasculaires : RR 0,46 ; IC 97,5 % 0,370,56
En pratiquepour une sédation procédurale, le rémimazolam apparaît au moins aussi efficace que les agents habituels et s’accompagne de moins d’événements respiratoires et hémodynamiques, surtout face au propofol : cela peut le faire envisager chez le patient fragile ou à faible réserve respiratoire. La qualité des essais disponibles reste toutefois trop faible pour en faire dès maintenant un choix de première intention. Face au midazolam, l’avantage porte sur le succès de la sédation, pas sur la tolérance.

Question clinique

Chez l’adulte qui reçoit une sédation pour un geste, le rémimazolam procure-t-il une sédation aussi efficace que les sédatifs habituels, et avec moins de complications respiratoires et cardiovasculaires ?

Méthode

Revue systématique des essais randomisés comparant le rémimazolam à un placebo ou à un comparateur actif chez l’adulte en sédation procédurale, avec méta-analyses, analyses séquentielles des essais et évaluation du niveau de preuve par la méthode GRADE. Six bases de données ont été interrogées depuis leur création jusqu’au 22 juin 2024. Au total, 63 essais et 13 953 participants ont été inclus. Les critères examinés étaient le succès de la sédation et la survenue de complications respiratoires et cardiovasculaires. Les intervalles de confiance sont rapportés à 97,5 %, ce qui correspond à un ajustement pour comparaisons multiples.

Résultats clés

  • Succès de la sédation comparable aux comparateurs actifs : RR 1,04 ; IC 97,5 % 0,961,14 (intervalle ajusté par analyse séquentielle 0,95–1,18) ; p = 0,26, niveau de preuve très faible.
  • Complications respiratoires : RR 0,47 ; IC 97,5 % 0,360,61 (intervalle ajusté 0,35–0,61) ; p < 0,01.
  • Complications cardiovasculaires : RR 0,46 ; IC 97,5 % 0,370,56 (intervalle ajusté 0,38–0,57) ; p < 0,01.
  • En sous-groupes, le rémimazolam obtient un meilleur taux de succès que le midazolam, et réduit les complications respiratoires et cardiovasculaires par rapport au propofol ; face au midazolam, ces complications sont de fréquence comparable.

Limites

  • Les résultats de tous les essais inclus ont été jugés à risque élevé de biais, et le niveau de preuve va de très faible à faible : aucune conclusion ferme ne peut en être tirée.
  • Les comparateurs sont hétérogènes (propofol, ciprofol, midazolam, dexmédétomidine, étomidate) et les résultats globaux mêlent des situations cliniques différentes.
  • Les comparaisons par sédatif reposent sur des analyses en sous-groupes, qui ne valent pas démonstration.
  • Seuls le succès de la sédation et les complications respiratoires et cardiovasculaires ont été analysés : aucun critère de devenir du patient n’est rapporté.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.