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Sédation, delirium & après-réanimation · Essai randomisé en grappes · FICUS

The FICUS cluster randomized controlled trial of a family support intervention in adult intensive care units: mental health and family functioning outcomes

L’accompagnement structuré des familles n’a pas amélioré leur santé mentale

Intensive Care Med · 18 mai 2026 · 16 réanimations suisses, 885 proches

Un accompagnement structuré des familles, confié à des infirmières de réanimation spécialement formées et associé à une communication interprofessionnelle organisée, a été comparé aux soins habituels dans 16 réanimations suisses tirées au sort par grappes. Les 885 proches inclus, suivis jusqu’à douze mois après le séjour, n’ont montré aucune différence significative avec les soins habituels, ni pour le fonctionnement familial, ni pour la résilience, la satisfaction de vie, la qualité de vie, la détresse, l’anxiété, la dépression ou l’état de stress post-traumatique. La santé mentale des proches s’est améliorée dans les deux groupes après la sortie de réanimation.

Résultat principalAucune différence significative entre les deux groupes, pour aucun des critères, jusqu’à douze mois après le séjour : 885 proches inclus, soit 43 % de ceux sollicités, dans 16 réanimations
En pratiquecet essai ne démontre pas qu’un parcours d’accompagnement des familles confié à des infirmières dédiées réduise la détresse psychique des proches à un an, mais ses déséquilibres de départ et son taux de participation empêchent d’en conclure que ce type de programme est inutile. Il invite surtout à ne pas attendre d’un dispositif appliqué uniformément à tous les proches ce qu’il ne peut sans doute pas donner, et à se demander si l’effort doit être concentré sur les familles les plus exposées. L’amélioration spontanée observée dans les deux groupes rappelle qu’une partie de la détresse des premiers jours se résout d’elle-même.

Question clinique

Un programme structuré de soutien aux familles, porté par des infirmières de réanimation formées à cet accompagnement, améliore-t-il le fonctionnement familial et la santé mentale des proches de patients graves ?

Méthode

Essai randomisé en grappes conduit dans 16 réanimations suisses. Le groupe interventionnel suivait un parcours de soins aux familles : des infirmières de réanimation dédiées prenaient contact avec les proches et assuraient la liaison avec l’équipe, délivraient un accompagnement psychoéducatif centré sur la relation, et organisaient une communication interprofessionnelle structurée. Le groupe témoin recevait les soins habituels. Étaient concernés les proches de patients dont le séjour prévu en réanimation atteignait au moins 48 heures et dont le risque de décès, de séquelles graves ou de ventilation mécanique prolongée était élevé. Les critères de jugement — fonctionnement familial, résilience, satisfaction de vie, qualité de vie, détresse, anxiété, dépression, stress post-traumatique — étaient mesurés à l’admission du patient, à sa sortie de réanimation, puis à 3, 6 et 12 mois, et analysés par modèles linéaires mixtes. Les inclusions ont eu lieu de mai 2022 à janvier 2024.

Résultats clés

  • Aucune différence significative entre les deux groupes, pour aucun des critères, jusqu’à douze mois après le séjour : 885 proches inclus, soit 43 % de ceux sollicités, dans 16 réanimations.
  • Les questionnaires de suivi ont été remplis dans les délais par 736 proches (83,2 %) à la sortie de réanimation, 665 (75,1 %) à 3 mois, 643 (71,6 %) à 6 mois et 593 (67,0 %) à 12 mois ; selon les critères, 609 à 613 proches ont été analysés.
  • Le type de lien avec le patient, une expérience antérieure de la réanimation et la ventilation mécanique du patient étaient associés à certains des critères mesurés.
  • Dans les deux groupes, la santé mentale des proches s’est améliorée de façon constante après la sortie de réanimation.

Limites

  • Les groupes n’étaient pas comparables sur la gravité des patients : la ventilation mécanique (60,3 % contre 49,5 %) et le décès en réanimation (19,9 % contre 13,2 %) étaient plus fréquents dans le groupe interventionnel, ce qui peut avoir pesé sur les résultats en défaveur de l’intervention.
  • Moins d’un proche sollicité sur deux a accepté de participer, et un tiers des participants manquait à l’appel à douze mois : les proches les plus en difficulté ont pu échapper à la mesure.
  • Les résultats sont présentés comme générateurs d’hypothèses et appellent une lecture prudente : l’essai n’était pas conçu pour trancher définitivement.
  • L’essai s’est déroulé dans un seul système de soins : la transposition à des organisations où l’accueil des familles est très différent reste incertaine.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.