The impact of neuraxial labour analgesia on neurodevelopmental disorders in offspring: a systematic review and meta-analysis
L’analgésie périmédullaire du travail n’apparaît pas associée à l’autisme
Le retentissement neurodéveloppemental de l’analgésie périmédullaire du travail revient régulièrement dans les questions des patientes, alimenté par des études observationnelles exposées aux facteurs de confusion familiaux. Cette revue systématique réunit 19 études portant sur la péridurale, l’analgésie caudale ou la péri-rachianesthésie combinée pendant le travail, avec des analyses appariées sur la fratrie prévues au protocole. Dans ces analyses entre frères et sœurs, aucune association n’apparaît avec le trouble du spectre de l’autisme (HR ajusté 1,06 ; IC95 % 0,98–1,14) ni avec le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité. Le léger surrisque d’autisme observé dans les analyses en population (HR ajusté 1,10 ; IC95 % 1,08–1,13) s’atténue à mesure que la confusion familiale est mieux prise en compte.
Question clinique
L’analgésie périmédullaire administrée pendant le travail augmente-t-elle le risque de trouble neurodéveloppemental chez l’enfant ?
Méthode
Revue systématique et méta-analyse, à partir d’une recherche dans quatre bases bibliographiques menée jusqu’au 16 septembre 2025. Étaient éligibles les études portant sur la péridurale, l’analgésie caudale ou la péri-rachianesthésie combinée pendant le travail et rapportant un trouble neurodéveloppemental défini cliniquement. Les résultats ont été agrégés par des modèles à effets aléatoires avec estimation par maximum de vraisemblance restreint. Des analyses appariées sur la fratrie étaient prévues au protocole : elles comparent des enfants d’une même famille et neutralisent bien mieux les facteurs génétiques et familiaux partagés que les analyses en population. Au total, 19 études ont été retenues.
Résultats clés
- Analyses appariées sur la fratrie : aucune association entre analgésie périmédullaire du travail et trouble du spectre de l’autisme (HR ajusté 1,06 ; IC95 % 0,98–1,14), ni avec le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité.
- Analyses en population : légère augmentation du risque d’autisme après ajustement (HR ajusté 1,10 ; IC95 % 1,08–1,13), dont l’ampleur diminue à mesure que la prise en compte de la confusion familiale se renforce.
- Aucune association cliniquement pertinente pour les autres critères neurodéveloppementaux étudiés.
Limites
- Données exclusivement observationnelles : le recours à l’analgésie n’est jamais tiré au sort, et une confusion résiduelle par indication reste possible.
- Les analyses entre fratries réduisent la confusion familiale sans la supprimer : ce qui diffère entre deux grossesses d’une même femme n’est pas neutralisé.
- Les critères reposent sur des diagnostics posés en pratique courante, dont les définitions, l’âge au diagnostic et la durée de suivi varient d’une source à l’autre.
- L’absence d’association ne concerne que les critères étudiés : elle ne peut pas être étendue à l’ensemble du développement de l’enfant.