Transversus abdominis plane block for postoperative pain management and opioid sparing: a systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials
Le bloc TAP fait mieux que l'infiltration pariétale
Cette méta-analyse rassemble 123 essais randomisés consacrés au bloc du plan du muscle transverse de l’abdomen (bloc TAP). Comparé à l’infiltration locale, le bloc TAP réduit les scores de douleur à 6, 12 et 24 h ainsi que la consommation cumulée de morphine sur 24 h. Face à l’analgésie péridurale, l’avantage se limite à la douleur à 12 h, et aucune différence n’apparaît avec la morphine intrathécale.
Question clinique
Le bloc TAP apporte-t-il une analgésie et une épargne morphinique supérieures à celles des autres techniques disponibles après chirurgie abdominale ?
Méthode
Revue systématique et méta-analyse. MEDLINE, Embase et Cochrane CENTRAL ont été interrogées depuis leur création jusqu’en mai 2024. Ont été retenus les essais randomisés comparant le bloc TAP au placebo, à l’infiltration locale, à l’analgésie péridurale ou à la morphine intrathécale, et rapportant les scores de douleur postopératoires à 6, 12 ou 24 h ou la consommation cumulée de morphine à 24 h. Au total, 123 essais ont été inclus. Protocole enregistré (PROSPERO CRD42024374067).
Résultats clés
- Contre placebo : réduction significative sur l’ensemble des critères étudiés, dont l’amplitude n’est pas détaillée dans le résumé.
- Contre infiltration locale, différence moyenne standardisée des scores de douleur : -0,89 ; IC95 % -1,35 à -0,43 à 6 h (p < 0,001) ; -1,27 ; IC95 % -2,08 à -0,46 à 12 h (p = 0,002) ; -0,66 ; IC95 % -1,01 à -0,32 à 24 h (p < 0,001).
- Morphine cumulée à 24 h contre infiltration locale : différence moyenne standardisée -0,99 ; IC95 % -1,52 à -0,47 (p < 0,001).
- Contre analgésie péridurale : le seul avantage observé porte sur les scores de douleur à 12 h.
- Contre morphine intrathécale : aucune différence significative sur aucun des critères retenus.
Limites
- Les résultats sont exprimés en différences moyennes standardisées, qui ne se traduisent directement ni en points d’échelle de douleur ni en milligrammes de morphine.
- Les essais diffèrent par le type de chirurgie, le volume et la concentration d’anesthésique local et la technique de repérage ; ces éléments ne sont pas détaillés dans le résumé.
- L’absence de différence avec la morphine intrathécale ne vaut pas démonstration d’équivalence : la puissance de ces comparaisons n’est pas rapportée.
- Aucun critère de récupération, de durée de séjour ou de douleur chronique postopératoire n’a été analysé.