Use and safety of corticosteroid injections in joints and musculoskeletal soft tissue: guidelines from the American Society of Regional Anesthesia and Pain Medicine, the American Academy of Pain Medicine, the American Society of Interventional Pain Physicians, and the International Pain and Spine Intervention Society
À l'épaule et au genou, la demi-dose de corticoïde suffit
Quatre sociétés savantes publient des recommandations sur l’usage et la sécurité des infiltrations de corticoïdes dans les articulations, les bourses et les tissus mous péri-articulaires chez l’adulte douloureux chronique. Le message central porte sur la dose : la moitié des doses couramment employées fait aussi bien à l’épaule qu’au genou. Le texte rappelle aussi le bénéfice de l’échoguidage sur la précision du geste et la durée courte du soulagement obtenu, de quelques semaines à quelques mois.
Question clinique
Comment utiliser les infiltrations de corticoïdes dans les articulations et les tissus mous péri-articulaires : quelle dose, quelle technique de repérage, quel bénéfice attendu et quels risques ?
Méthode
Recommandations de pratique élaborées sous l’égide de l’American Society of Regional Anesthesia and Pain Medicine avec trois sociétés partenaires. Un groupe de travail a coordonné trois textes distincts : blocs périphériques et points gâchettes, articulations, et infiltrations neuraxiales, articulaires postérieures et sacro-iliaques ; celui-ci porte sur les articulations. Les experts ont revu la littérature puis rédigé des propositions graduées selon une version adaptée de l’échelle de l’US Preventive Services Task Force, validées par une méthode Delphi modifiée en quatre tours. Articulations couvertes : épaule, coude, main, poignet, hanche, genou et petites articulations des mains et des pieds.
Résultats clés
- Aucune donnée solide ne permet de préférer un corticoïde à un autre.
- L’échoguidage améliore la précision de l’injection et réduit la douleur du geste.
- À l’épaule, 20 mg de triamcinolone sont aussi efficaces que 40 mg, en intra-articulaire comme dans la bourse sous-acromio-deltoïdienne. Au genou, 40 mg font aussi bien que 80 mg. À la hanche, la dose habituelle est de 40 mg de triamcinolone ou de méthylprednisolone.
- Le soulagement obtenu est de courte durée : de quelques semaines à quelques mois.
- Effets indésirables rapportés : élévation de la glycémie, freination surrénalienne, atteinte du cartilage articulaire, baisse de la densité minérale osseuse et infection articulaire postopératoire.
Limites
- Les preuves disponibles sont hétérogènes selon l’articulation et souvent limitées au court terme ; le grade de chaque proposition n’est pas détaillé dans le résumé.
- Une part des énoncés relève d’un consensus d’experts plutôt que d’essais comparatifs.
- Le texte porte sur la douleur chronique de l’adulte : il ne traite ni de l’infiltration en contexte périopératoire immédiat, ni de l’enfant.
- Les recommandations reflètent des pratiques et des présentations pharmaceutiques qui ne sont pas partout identiques.