Videolaryngoscope designs for tracheal intubation in adults: a systematic review with network meta-analysis of randomised controlled trials
L’intubation échoue moins souvent avec un vidéolaryngoscope
Cette méta-analyse en réseau rassemble 294 essais randomisés et 44 284 patients intubés sous anesthésie générale afin de comparer entre eux les principaux types de laryngoscopes. Les trois familles de vidéolaryngoscopes — lame à canal, lame Macintosh et lame hyperangulée — réduisent toutes le risque d’échec de la première tentative d’intubation par rapport à la laryngoscopie directe, avec un niveau de certitude modéré. Les mandrins vidéo, eux, ne se distinguent pas de la laryngoscopie directe, sur des données de faible certitude. Les comparaisons entre vidéolaryngoscopes, elles, ne permettent pas de désigner un dispositif supérieur aux autres.
Question clinique
La vidéolaryngoscopie fait mieux que la laryngoscopie directe, mais les dispositifs sont nombreux et de conception très différente. Lequel de ces types de lames offre le moins d’échecs à la première tentative d’intubation sous anesthésie générale ?
Méthode
Revue systématique et méta-analyse en réseau, sur six bases de données, des essais randomisés ayant comparé entre eux, chez des patients d’au moins 16 ans intubés sous anesthésie générale, les vidéolaryngoscopes à canal, les vidéolaryngoscopes à lame Macintosh, les vidéolaryngoscopes à lame hyperangulée, les mandrins vidéo et les laryngoscopes directs. Le critère principal était la fréquence des échecs de la première tentative d’intubation ; les critères secondaires comprenaient l’échec d’intubation, la difficulté d’intubation, la vue glottique, le délai d’intubation et les complications. Au total, 294 études et 44 284 patients ont été inclus, avec évaluation du niveau de certitude des données.
Résultats clés
- Échec de la première tentative d’intubation, par rapport à la laryngoscopie directe : lame à canal, rapport de cotes 0,37 (intervalle de crédibilité 95 % : 0,27–0,50) ; lame Macintosh, 0,45 (0,31–0,64) ; lame hyperangulée, 0,51 (0,39–0,68). Certitude modérée pour ces trois résultats, les lames à canal occupant le premier rang du classement.
- Mandrins vidéo : pas de différence significative avec la laryngoscopie directe, rapport de cotes 0,67 (0,16–3,00), certitude faible.
- Les trois conceptions de vidéolaryngoscopes réduisent aussi les échecs des deuxième et troisième tentatives, la probabilité d’intubation difficile, la fréquence des intubations œsophagiennes et les lésions des voies aériennes, et améliorent la vue glottique.
- Les lames à canal et les lames hyperangulées améliorent la vue glottique par rapport aux vidéolaryngoscopes à lame Macintosh.
Limites
- Les comparaisons entre vidéolaryngoscopes reposent largement sur des liens indirects du réseau : aucune conclusion ferme ne peut être tirée sur la supériorité d’un dispositif sur un autre.
- La population est celle de l’intubation sous anesthésie générale : ces résultats ne peuvent pas être transposés tels quels à l’intubation en réanimation, aux urgences ou en pré-hospitalier.
- Chaque famille regroupe des matériels et des opérateurs d’expérience différents, que le classement par type de lame ne distingue pas.
- Pour les mandrins vidéo, l’intervalle est très large et la certitude faible : l’absence de différence observée ne démontre pas une équivalence.