Videolaryngoscopy versus direct laryngoscopy for paediatric tracheal intubation: a systematic review with meta-analysis and trial sequential analysis
La vidéolaryngoscopie n’améliore pas l’intubation au premier essai chez l’enfant
Chez l’enfant dont les voies aériennes sont le plus souvent normales, la vidéolaryngoscopie et la laryngoscopie directe obtiennent la même proportion d’intubations réussies au premier essai, avec un niveau de preuve élevé. La vidéolaryngoscopie améliore l’exposition de la glotte dans toutes les tranches d’âge et, avant l’âge d’un an, s’accompagne de moins d’intubations œsophagiennes, avec un niveau de preuve faible. L’intubation y prend quelques secondes de plus.
Question clinique
L’intubation de l’enfant expose à des complications graves dès que les tentatives se répètent, ce qui fait de la réussite au premier essai un objectif central. La vidéolaryngoscopie, désormais largement disponible, fait-elle mieux que la laryngoscopie directe sur cette réussite, sur l’exposition glottique et sur la sécurité ?
Méthode
Revue systématique avec méta-analyse et analyse séquentielle des essais, protocole enregistré à l’avance. Huit bases de données ont été interrogées. Ont été retenus les essais randomisés comparant vidéolaryngoscopie et laryngoscopie directe chez l’enfant de moins de 16 ans. Sur 22 221 références examinées, 53 essais randomisés totalisant 4 887 enfants répondaient aux critères. Les critères étudiés étaient la réussite au premier essai, l’exposition de la glotte, la durée d’intubation et les événements critiques. Le niveau de preuve a été apprécié selon la méthode GRADE.
Résultats clés
- Réussite au premier essai : aucune différence significative, risque relatif 1,03 ; IC95 % 0,99–1,07 ; p = 0,18, avec un niveau de preuve jugé élevé.
- Exposition de la glotte améliorée par la vidéolaryngoscopie dans toutes les tranches d’âge : différence moyenne de 9,8 points sur le pourcentage d’ouverture glottique (IC95 % 3,2–16,4 ; p < 0,01).
- Avant l’âge d’un an, moins d’intubations œsophagiennes sous vidéolaryngoscopie : risque relatif 0,16 ; IC95 % 0,06–0,40 ; p < 0,01, avec un niveau de preuve faible.
- Durée d’intubation légèrement plus longue sous vidéolaryngoscopie : différence moyenne de 3 secondes (IC95 % 0,1–5,4).
- L’analyse séquentielle des essais indique que les données accumulées restent insuffisantes pour conclure définitivement.
Limites
- Les essais inclus portent en majorité sur des enfants aux voies aériennes normales : l’intubation difficile prévue et l’urgence y sont peu représentées.
- L’analyse séquentielle montre que l’effectif cumulé ne suffit pas à exclure un effet modeste sur la réussite au premier essai.
- Le bénéfice sur les intubations œsophagiennes avant un an repose sur un nombre restreint d’événements et sur un niveau de preuve faible.
- Les dispositifs, les lames et l’expérience des opérateurs varient beaucoup d’un essai à l’autre, ce qui limite la portée d’un résultat agrégé.